#BULLETIN DE SANTÉ
IA comme un souci
Google et Amazon ont émis à eux deux 99,65 millions de tonnes de CO2 en 2025 - 18,8 pour le premier et 80,85 pour le second. Le tout, en consommant pas moins de 448 TWh d'électricité dans le monde. Ces deux mastodontes seraient ensemble le 11e pays le plus énergivore du monde, juste derrière… la France, explique Economix. Autrement dit, deux boîtes cotées en Bourse consomment aujourd'hui autant - et même plus - qu'une nation entière. Sans drapeau, ni élections, ni habitants - mais avec des millions de clients et d’utilisateurs. D'un coup, l'IA et le cloud, ce nuage de données qu'on imaginait immatériel et léger, carbure à mort au gaz et aux énergies fossiles derrière notre écran.
Pour en savoir plus sur ces nouvelles puissances, lisez l'article d'Economix - abonnez-vous juste là . Et si vous vous interrogez sur les "coûts cachés" de l'IA, Ludonomics vous en dit plus.
Sky is (not) the limit
Le nombre d'avions commerciaux dans le monde va presque doubler d'ici à 2045, pour atteindre 45 550 appareils. Airbus a communiqué ses prévisions: il attend 42 062 nouvelles commandes sur cette période, son concurrent Boeing en voit 50 000. Le trafic aérien avait certes pris du plomb dans l'aile cet hiver avec la guerre en Iran et la flambée des prix du kérosène (Le Figaro) - les liaisons Europe-Golfe avaient chuté de 80%. Mais c'est sans compter l'arrivée d'1,7 milliard de personnes supplémentaires parmi les classes moyennes et supérieures d'ici à 2045. Autant de gens qui, pour la première fois, auront les moyens de monter dans un avion - et d'agrandir le marché… Bref, l'aviation ne représente "que" 5% du réchauffement climatique dû à l'activité humaine (Bon Pote) - mais avec 1,7 milliards de "premières fois" à venir, ce chiffre ne peut que grimper…
On se fait rouler
Le secteur des transports reste le premier émetteur de gaz à effet de serre en France en 2025, avec 34% des émissions territoriales brutes - devant l'agriculture (21%) et l'industrie (16%), selon le 8e rapport annuel du Haut Conseil pour le Climat. L'Hexagone investit chaque année 70 milliards d'euros dans les énergies fossiles, dont plus de 40 milliards rien que dans l'achat de voitures individuelles thermiques ou hybrides. Pendant qu'on débat des data centers et de l'autonomie des voitures électriques, la vraie fuite de carbone français est garée juste devant chez nous en warning.
Pour un constat qui pique, ça se passe chez Bon Pote - et pour s'abonner à leur newsletter, c'est juste ici.
ET EN PLUS ILS ONT CLONÉ UN FOOTBALLEUR
Depuis le coup d'envoi de la Coupe du monde de football, l'attaquant norvégien Erling Haaland et son mètre 95 sont partout sur les réseaux sociaux. Ou presque : dans de nombreuses vidéos, ce n'est pas le footballeur qui apparaît… mais un clone réalisé par IA, s'amuse WIRED. Vous avez vu Erling Haaland effrayé par son propre reflet dans un resto de nouilles - dans une vidéo à 42,8 millions de vues sur X ? C'est en réalité un sketch du comédien chinois Jin Long, transformé par IA.
Apparence unique, performances sportives et personnalité expressive : le Norvégien cumule tous les ingrédients d'un "meme" vivant - à l'instar de feu Chuck Norris - et fait l'objet d'innombrables détournements, notamment en Chine. De quoi soulever une question : "Que se passe-t-il quand le deepfake se transforme en œuvre d'art créée par des fans ?"
#L’ANGLE MORT
| LE BRUIT
Le Mondial de football dans tous ses excès : "pauses fraîcheur" qui ne servent qu'à vendre des publicités télévisées supplémentaires, marques omniprésentes - du stade au ballon, en passant par les maillots de supporters et le gazon… Et le clou du spectacle : un show façon Half Time Super Bowl pour la mi-temps de la finale, le 19 juillet au MetLife Stadium, avec Chris Martin, Madonna, Shakira, les BTS, Justin Bieber à l'affiche - le tout, condensé en… onze minutes.
| LE SIGNAL
Reste que cette exubérance publicitaire met en lumière certains acteurs du football : les investisseurs américains, qui ont mis le grappin sur le ballon rond européen à coup/coût de rachat de clubs du Vieux continent, équipe après équipe, en y important leur logique de franchise venue de la NFL et de la NBA.
| ANGLE MORT
L'appétit américain pour le football européen n'est pas un caprice de milliardaires qui s'ennuient ou de fans du ballon rond : c'est évidemment un calcul. Une franchise NBA, rappelle Kopa Club, se négocie aujourd'hui autour de 14 fois son chiffre d'affaires - pour les plus grands clubs européens, c'est "seulement" 4 fois. Soit une décote de 70% sur une marque mondiale… Évidemment, pour un investisseur new-yorkais, c'est moins un club de foot avec une histoire à conserver qu'une action sous-évaluée qui joue en Ligue des champions.
À ce petit jeu-là , la liste des acquéreurs ressemble de plus en plus au tapis rouge des Oscars : Ryan Reynolds qui rachète le club anglais de Wrexham, troisième plus vieux club professionnel du monde, en 2020 - et en tire une série Disney+, bien vu - Tom Brady à Birmingham City, Russell Crowe et Will Ferrell à Leeds United et, depuis l'an dernier, la légende - Unc' - Snoop Dogg à Swansea City, où une fresque à son effigie trône désormais dans la tribune ouest.
Avec ces nouveaux patrons arrive toute une philosophie : loges VIP à la chaîne, stades pensés pour accueillir aussi bien un concert qu'un match - et gagner en rentabilité -, pauses de jeu vues comme des espaces publicitaires à optimiser plutôt que comme du sport… Ce que le supporter appelle une "belle âme" se traduit chez l'investisseur en "opportunité de rendement".
Deux visions s'affrontent, sans qu'aucune n'emporte le match : d'un côté, la vision européenne d'un club en tant que patrimoine local, à la limite du bien culturel populaire - et la vision américaine, qui le perçoit comme une entreprise qu'il faut faire grandir (et rentabiliser). Le football européen parle toujours avec l'accent anglais, français, espagnol, allemand ou italien - mais son bilan comptable a pris l'accent américain.
L’analyse complète est à retrouver sur Kopa Club
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D’AILLEURS
Pas de Coupe du monde pour les papas mauvais payeurs : l’Argentine veut en exclure 13 000 des stades américains // Pas dans notre bingo 2026 : la Corée du Nord connaît un boom économique // La génération Alpha (entre 2010 et 2025) et les suivantes pourraient bien ne jamais toucher à une clope // L’achat de streams sur Spotify pour gonfler les ventes d’un album, c’est has been, faites-le plutôt pour gagner des paris sur Polymarket // « Drill, baby drill » : l’accès à la puissance de calcul informatique va se négocier comme le cours du baril de pétrole // Mondial de football : Pékin se sent obligé de rappeler qui est le patron alors que les Chinois n’ont d’yeux que pour le Japon // 20% du gaspillage alimentaire aux États-Unis serait causé par une incompréhension des DLC sur les emballages et non, ce n’est pas une vanne // Tout est bien qui finit bien : Bernard Arnault et sa famille ont retrouvé la tête du classement des 500 plus grandes fortunes de France selon le magazine Challenges, détenu par Bernard Arnault.
#BUZZWORD : “AI PSYCHOSIS”
ÇA VEUT DIRE QUOI ?
C'est le trouble qui guette quiconque discute trop longtemps - et trop sérieusement - avec un chatbot IA. À force d'interactions prolongées, certains internautes développent ou voient s'aggraver des croyances délirantes, confortés par une machine dont le but est littéralement de ne pas leur donner tort, explique l'agence Namibie dans sa newsletter Sur le bout de la langue. Concrètement, ça touche aussi bien le complotiste persuadé d'avoir réfuté la théorie de la relativité grâce à une hallucination de ChatGPT que le patron d'entreprise convaincu de pouvoir tailler dans la masse salariale en confiant tout, vraiment tout, à l'IA. Dans les deux cas, le diagnostic est le même : on confond un miroir très poli avec un interlocuteur sérieux.
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