CLIMAT
Circulez, y'a rien à financer
Pendant qu'une nouvelle canicule s'installe sur le pays, le “Fonds vert”, seul outil budgétaire français dédié à l'adaptation des territoires au réchauffement, a été divisé par trois en trois ans (France Inter). Les chiffres compilés par l'institut I4CE donnent le vertige : 2,5 milliards d'euros en 2024, 1,15 milliard en 2025, 837 millions en loi de finances 2026, avec un nouveau gel décidé en mai qui ramène l'enveloppe à environ 650 millions cette année. Maintenant divisé par quatre, en pratique. Ce sont les collectivités qui payent la note : plans de rafraîchissement urbain, végétalisation d'écoles, prévention des inondations, tout ce qui permet concrètement à un territoire de tenir sous 42 °C. Le message envoyé aux maires est limpide : adaptez-vous, mais débrouillez-vous.
La bulle froide qui va nous cuire
Au sud du Groenland, une anomalie océanique donne des sueurs froides aux climatologues. Cette zone, baptisée "Cold Blob", s'est refroidie d'environ 1 °C depuis 1900 pendant que le reste des océans se réchauffait exactement de la même valeur. Ce paradoxe, expliqué dans Hugo Décrypte, signale probablement un ralentissement de l'AMOC, le gigantesque tapis roulant océanique qui transporte les eaux chaudes des tropiques vers le nord et régule le climat européen. En cause : la fonte accélérée du Groenland, dont l'eau douce grippe la mécanique. Une étude publiée dans la revue Science évalue le ralentissement possible à 50 % d'ici la fin du siècle.
Le twist qu'aucun scénario sci-fi n'avait vu venir, documenté par CNN : cette poche froide, en perturbant les vents, favoriserait la formation de dômes de chaleur au-dessus de l'Europe.
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Le “cold blob” apparaissait déjà dans ces prévisions des températures moyennes en 2015 (NASA Scientific Visualization Studio/Goddard Space Flight Center)
INTERNATIONAL
Le grand méchant loup est américain
Ce mardi s'ouvre à Ankara le sommet de l'OTAN, et les 32 membres ont un objectif limpide : éviter que Donald Trump ne fasse dérailler la réunion. La vraie menace, explique Courrier International - en 2026 c’est le président américain, qui a qualifié la relation entre Washington et l'Alliance de "ridicule" et "unilatérale" cinq jours avant l'ouverture. Une prise de parole plutôt audacieuse pour un homme qui, ces douze derniers mois, a envisagé d’envahir le Groenland, qui a enlevé le président d’un pays souverain et qui a déclaré la guerre à l’Iran sans consulter les alliés. Euronews a pu consulter le brouillon de la déclaration finale : les alliés y réaffirment l'article 5 de défense collective et actent 70 milliards d'euros d'aide supplémentaire à l'Ukraine, sans les États-Unis. Détail qui pique : selon les diplomates, la meilleure chance de calmer Trump repose désormais sur… Recep Tayyip Erdogan, mais à situation exceptionnelle, solution exceptionnelle.
Une maison sur 2 est concernée
En partenariat avec Allianz
C’est le coût caché de la sécheresse en France : la moitié des logements est menacée par le retrait-gonflement des argiles.
Face aux fissures, on imagine le pire : des travaux titanesques et des factures astronomiques. Pourtant, ces solutions coûteuses sont souvent inutiles si on ne traite pas la vraie cause : la circulation de l’eau autour de la maison.
C'est tout l’enjeu pour Allianz : anticiper plutôt que guérir pour préserver l'assurabilité de nos territoires. Dans cet entretien croisé, Pierre Vaysse (Allianz France) et l'ingénieur Alain Franck Bechade dévoilent leur stratégie d’avenir sur le risque climatique.
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D’AILLEURS…
Aux USA, le marché du sport pour enfants pèse désormais près de 40 milliards de dollars, et les familles dépensent en moyenne 1 000 dollars par enfant chaque année // L’équipe de foot du Japon a conquis le coeur du monde entier // Chanel continue de sauver le patrimoine français // La série Off Campus met (enfin) à l’écran des mecs bien // La GenZ succombe au solo-maxxing (comprenez le célibat volontaire) // Le mariage de Taylor Swift et Travis Kelsey, une vraie aubaine financière pour la presse // Le tour de France est à nouveau sexy et Airbnb a décidé de surfer sur la tendance // Est-ce que le female gaze est en train de sauver le cinéma ? // Vous voulez trouver l’amour de votre vie ? Il vous en coûtera 80 0000€
POLITIQUE
Bardella à l'école des grands
À dix mois de la présidentielle, un think tank européen sérieux se met à imaginer la France de Bardella. Le rapport de l'European Council on Foreign Relations, relayé cette semaine par Footnotes, s'appuie sur des conversations avec plusieurs cadres RN pour dessiner la politique étrangère d'un président de 30 ans, propulsé au premier plan par la condamnation pour détournement de fonds publics de Marine Le Pen. Les scènes rapportées valent le détour : Marine Le Pen elle-même se moque des "daddy issues" que Bardella soignerait auprès de Trump, le chancelier allemand Friedrich Merz le traite de "gamin", et le jeune homme continue de vouvoyer sa cheffe qu'il tente pourtant de dépasser. The Economist confirme qu'il cherche à se démarquer d'elle sur trois clivages internationaux, dont un rapport plus coopératif avec les États européens. Les auteurs de l'ECFR comparent l'éventuelle bascule à l'arrivée de Mitterrand en 1981. Bref, si l'Élysée version 2027 vous stresse, sachez que les chancelleries européennes s'y préparent déjà. Sans grand enthousiasme, mais avec méthode.
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ÉCONOMIE
Le MEDEF veut sauver le budget de la France
Le 3 juillet, le MEDEF a rendu publique sa "Stratégie pluriannuelle de redressement des comptes publics par la dépense" : 100 milliards d'euros d'économies d'ici 2030, dont 44 dès 2027, sur une cinquantaine de mesures. Comme le décrypte Filite, le patronat joue les sauveurs face à un déficit d'État record de 93,3 milliards à fin mai. Sur le papier, tout est calibré : mesures "issues de rapports de la Cour des comptes et de l'IGF", alignement sur les objectifs européens.
Détail nettement moins discret, la moitié de l'effort budgétaire pèse sur les fonctionnaires (gel du point d'indice, baisse des effectifs) et les retraités (retraite à 65 ans, gel puis sous-indexation des pensions jusqu'en 2030). Le reste ? Hausse de 2,3 points de TVA payée par le consommateur, durcissement des droits au chômage, baisse des remboursements santé et coupe des subventions aux associations. Pendant ce temps, les entreprises voient la fin de la surtaxe sur les bénéfices des plus grandes et une baisse des impôts de production dès 2027. Le patronat sauve la France, à condition que quelqu'un d'autre paye l'addition.
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SOCIÉTÉ
Le mythe du GOAT, par Karine Salomon
En 1964, Cassius Marcellus Clay Jr., plus connu sous le nom de Muhammad Ali, affronte l’Américain Sonny Liston, et lui met le KO de sa vie. Après sa victoire, lors de son discours, le boxeur se décrit comme The Greatest. Dix ans plus tard, après un autre combat victorieux contre George Foreman, Ali précise la définition de lui-même : I am the Greatest Of All Time. Sa femme, désireuse de protéger les retombées commerciales de son illustre cogneur, dépose, en 1992, la licence G.O.A.T. Inc. Maligne, la chevrette.
Le mythe du “G.O.A.T.” est né, et l’expression prend principalement dans les milieux sportifs où les GOAT fleurissent comme les chèvres dans les alpages. Michael Jordan, Novak Djokovic, Roger Federer, Ayrton Senna, Tadej Pogačar, Michael Phelps, et plus récemment Léon Marchand sont des GOAT, des champions hors catégorie, des légendes.
Puis le terme GOAT s’exporte et se démocratise pour caractériser celle ou celui qui, quel que soit le domaine, excelle et fait figure de role model pour toute une génération. Thomas Pesquet ? GOAT. Alain Ducasse ? GOAT. Bad Bunny ? GOAT. On va même jusqu’à trouver goatesque, une situation exceptionnelle, un moment unique, grandiose. C'est le stade ultime du compliment pour une performance qui semble inégalable. La newsletter it Paris chaque semaine ? Goatesque.
En attendant de savoir qui de Lionel Messi ou Kylian Mbappé sera le GOAT de la Coupe du monde, on ne désespère pas de voir un GOAT — ou une — prendre les rênes du pays en 2027. Mais ça c’est dans mes rêves les plus goatesques…
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Pas de recette pour la parité
Cette semaine, Robin Panfili a fait un truc rare dans sa newsletter Entrée, Plat, Dessert : il a rendu la plume aux commis, apprentis et alternantes de la restauration, à ces "petites mains" que personne n'écoute jamais. Trois des cinq témoignages viennent de femmes, et ils convergent tous. Emma, apprentie parisienne, décrit une "compétition omniprésente qui va de pair avec une misogynie banalisée". Lucie Cabarès, cheffe de partie à Toulouse, résume : "En tant que femme, j'ai souvent dû travailler deux fois plus pour être reconnue comme cuisinière", et évoque des "rivalités qui vont parfois jusqu'au sabotage". Les chiffres cadrent le décor : les femmes composent 31 à 50 % des brigades en France, mais seulement 5 % des restaurants étoilés sont dirigés par une cheffe (The Conversation). Anne-Sophie Pic reste la seule Française trois étoiles, dix-neuf ans après sa consécration. Ce n'est pas faute de témoignages : le compte Instagram @jedisnonchef, créé par Camille Aumont Carnel, recueille depuis des années les récits de harcèlement dans le secteur, considéré comme le #MeToo de la restauration. En cuisine comme ailleurs, la reconnaissance reste servie tiède.
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