Aujourd'hui, on vous parle de l'info et de la Creator Economy qui s'emballe, de la France qui se réarme à crédit, et de micro-cheating. À dans 5 minutes !
Le dernier rapport Reuters confirme que les réseaux sociaux sont devenus la 1ère source d'info mondiale (54 % des sondés), reléguant la télé (52 %) et la radio (21 %) au rang de rituels pour nostalgiques. Hugo Décrypte tape plus fort que le 13 heures de TF1.
Le paysage médiatique assiste à une inversion totale de la chaîne de valeur. Ce n’est plus le web qui cherche sa validation à l'antenne, c'est la télévision qui vient désormais gratter à la porte des créateurs. Les chaînes ayant perdu la formule pour parler aux moins de 30 ans, elles tentent de s'acheter une seconde jeunesse auprès des nouveaux créateurs de l’info et du savoir. Le docu « En tension », coproduit par France 5 et Hugo Décrypte, a vu ses compteurs grimper de 30 % une fois balancé sur YouTube. Une perfusion de sang frais si convaincante que France Télévisions a immédiatement signé un accord pour déverser 20 000 heures de programmes sur la plateforme californienne.
La '“guerre froide” alors évoquée par Hugo Travers s’est soldée par un meilleur deal. Quant aux marques, elles ont déjà déplacé les budgets longtemps alloués à la télé vers les créateurs de contenu et le brand content. Ironie du sort : la télé qui toisait les gamins d'internet de toute sa hauteur institutionnelle en est réduite à leur acheter des minutes d'attention pour justifier sa redevance.
Le temps des ados en quête de notoriété est loin, le marché des créateurs est maintenant une industrie lourde de 8,1 milliards d’euros en Europe (+25 % par an), promise à grimper à 480 milliards de dollars mondiaux d'ici 2028.
Les investisseurs ne s’y trompent pas : le géant du conseil Accenture Song investit 500 M$ pour s’offrir l’agence d’influence américaine Whalar, Compound Creative Holdings, joint-venture entre l’agence de talents CAA et le fonds de private equity TPG, annonce disposer de 250 M$ pour investir dans la Creator Economy. En France, l’agence Bump montée par Squeezie vient d’être rachetée par le fonds d’investissement Impala. Publicis lance Influential France, nouvelle agence dédiée à l’influence marketing et au marketing culturel.
Les groupes de presse ne sont pas en reste : Le Télégramme est entré au capital de l’agence de talents LoopIn il y a un an et ne compte pas s’arreter là.
Si cette transformation profonde vous fascine ou vous effraie, vous allez adorer le nouveau podcast "C'est juste le Début", le podcast qui décrypte l’actu influence pour comprendre ce qui se construit (ou s'effondre) dans le paysage médiatique. Au micro de ce premier épisode, des experts de première ligne pour décoder la magnifique schizophrénie du PAF (TF1 qui hurle à la concurrence déloyale pendant que France TV s'allie à YouTube), le phénomène Snapchat Nasdas, et l'industrialisation de notre temps de cerveau via le GP Explorer ou la Fléchette Cup. Une production Kessel / Socialrama / Dreamcast à regarder sur Youtube ou en podcast.
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L'Europe, ce grand projet pacifique né sur les ruines de 1945, vient officiellement de se muer en centrale d'achat pour blindés et obus. La Commission européenne vient de signer un prêt de 15,1 milliards d’euros à la France via le programme SAFE, une enveloppe globale de 150 milliards d'euros destinée à réarmer en urgence 19 pays membres. Entre la guerre en Ukraine, les brasiers du Moyen-Orient et l'usure chronique du parapluie américain, le Vieux Continent a définitivement fini de croire aux vertus du désarmement poli.
Petite leçon de géopolitique par le portefeuille : sur cette ligne de crédit, Paris doit se contenter de la troisième place. C'est la Pologne qui rafle le gros lot avec 43,7 milliards d’euros, suivie de près par la Roumanie et ses 16,7 milliards. Le centre de gravité stratégique a officiellement glissé à l’Est, là où l'on a depuis longtemps arrêté de philosopher pour compter les stocks de munitions. Pour éviter que cette pluie de cash ne finisse entièrement dans les poches d'industriels texans, Bruxelles a intégré un verrou protectionniste : au moins 65 % du coût des composants devra provenir de l'Union, d'Ukraine, de Norvège ou du Canada.
Pour la France, cette perfusion va financer 29 projets des Armées et 6 programmes de recherche et de spatial. Mais l’enjeu est surtout une politique de relance économique lourde qui refuse de dire son nom. L’industrie de la défense tricolore pèse 240 000 emplois, faisant tourner des usines, des ingénieurs, des PME et des territoires entiers.
A retrouver dans l’excellente Economix
Finalement l'IA créera plus d'emplois qu'elle n'en détruira (Halluworld) // Les footballeurs coréens boycottent la presse mais pourquoi ? // Avons-nous encore envie ? demande cette semaine Raphael Glucksmann sur Kessel // Rencontrez Kaly Putic, 14 ans et star de la fashion depuis le fin fond de l’Ethiopie (vive les réseaux sociaux) // Dr Jimmy Mohamed nous donne (enfin) le vrai secret du summer body // La question du jour : est-ce que les baleines ont l’oreille musicale ? // Avis aux habitants de Saint Germain des Près, Bao Family a posé ses valises sur votre rive (Philippine Darblay).
En partenariat avec McDonald's France
Vous ne le savez peut-être pas, mais les restaurants McDonald's France soutiennent plus de 2 400 clubs et associations partout en France, des grandes villes aux plus petites communes.
Avec un engagement matériel, financier et humain, les restaurants McDonald’s construisent des partenariats pérennes afin de tisser des liens solides au sein des territoires. Concrètement, pour les pratiques sportives cela se traduit par du matériel d'entraînement financé, des déplacements en bus pris en charge, des goûters offerts après les matchs mais surtout, des échanges et des co-construction d’actions qui font sens. Par exemple, à l'intersaison, franchisés et clubs se réunissent pour définir ensemble les besoins de la saison à venir et décider collectivement de la manière dont le soutien sera apporté.
Allant de pratiques sportives comme le football, le rugby ou l’équitation jusqu’aux clubs d'échecs ou associations musicales, les partenariats s’inscrivent dans la durée avec la volonté de soutenir une grande diversité d’initiatives locales et de favoriser l’accès du plus grand nombre à la vie associative.
La semaine dernière, un site sportif US titre : "NFL Wife Simone Biles Nearly Passes Away". Traduction : la gymnaste la plus titrée de l'histoire (11 médailles olympiques, 30 titres mondiaux, cinq figures qui portent son nom) résumée à "femme de" un joueur de NFL au parcours, lui, très moyen.
Internet s'étrangle, à juste titre.
Le journaliste s’est certes excusé, mais en a aussi profité pour se défausser : ce jour-là, "NFL" était plus recherché sur Google que "Simone Biles". Comprendre : “c'est pas moi, c'est le système”. Le sexisme a trouvé son alibi parfait : les algoritmes. Sauf que la machine ne fait qu'amplifier ce qui existe déjà : le cybersexisme est devenu la haine la plus répandue en ligne (84 % de ses victimes sont des femmes), et 39 % des hommes estiment que le féminisme menace leur place.
Heureusement, le titre a depuis été corrigé, non sans un petit tollé digital. Le réflexe est certes toujours là, mais il commence à coûter cher à ceux qui font encore des "petites étourderies".
C’est Lysistrata qui a soulevé le sujet dans sa dernière chronique, à lire juste ici.
Le microcheating, ou l'art de tromper juste un peu, refait surface avec l'explosion des compagnons IA. Le principe ? Une série de micro-gestes qui trahissent une attention un peu trop tournée vers quelqu'un d'autre que sa moitié, sans jamais passer à l'acte. Cette "super complicité" avec un collègue qu’on rencontre un peu trop souvent à la machine à café.
Sauf qu'en 2026, ce "quelqu'un d'autre" peut très bien être un chatbot : selon une étude IFOP, 49 % des Français estiment qu'échanger des messages ambigus avec une IA relève déjà de la tromperie, et 23 % y verraient un motif de rupture.