Cette semaine, on parle du Japon qui ressort un service de renseignement endormi depuis 1945, du grand pillage de la presse, des violences post Ligue des Champions et de la libido en berne chez les moins de 30 ans. À dans 5 minutes 👀
Le Japon a-t-il peur de quelque chose ? Le 27 mai, la Première ministre Sanae Takaichi a fait voter la création d'un "Conseil national du renseignement", histoire de muscler un appareil sécuritaire en sommeil depuis 1945. Un réarmement qui fait grincer les dents de Pékin, pressé de rappeler que la dernière fois que Tokyo a joué aux espions, cela s’est terminé par l'invasion de la Mandchourie. Preuve que derrière le vernis de la pop culture, l'archipel enclenche la marche arrière pour doubler son budget militaire d'ici 2027, menaces chinoise et nord-coréenne obligent.
Pourquoi s’y intéresser ?
Parce que le Japon nous a fait oublier ses vieux démons à grands coups de Pikachu et de sushis, mais que sa Constitution pacifiste de 1947 ressemble désormais à une relique idéaliste qu’on pousse discrètement sous le tapis pour faire de la place aux radars.
Parce que la géopolitique asiatique n'est pas un manga de transition mais la saison 4 d'un vieux feuilleton toxique, où les fantômes de l'Unité 731 et du massacre de Nankin (300 000 morts) servent encore de carburant mémoriel pour justifier les prochains clivages.
Parce que voir la troisième économie mondiale passer son budget militaire à 2 % du PIB prouve que le pacifisme par décret ne pèse plus grand-chose face à des voisins qui testent des missiles avant le petit-déjeuner.
Les enjeux de la Kokka joho kaigi sont à lire dans le décryptage de Courrier International
Le patron du New York Times, A.G. Sulzberger, a ouvert lundi à Marseille le Congrès mondial des médias WAN-IFRA avec un discours qui a fait mouche. Son constat : pour faire tourner leurs machines, les géants de la tech paient leurs puces et leur électricité au prix fort, mais s'autorisent à piller le travail des journalistes sans lâcher un centime. Un Napster de l'info qui a déjà liquidé 43 000 plumes aux États-Unis, menaçant de remplacer le reportage de terrain par une purée de lignes synthétisées par des chatbots en roue libre.
Pourquoi ça nous concerne ?
Parce que derrière la querelle de droits d'auteur, c'est le modèle même du journalisme d'investigation qui est en jeu : si plus personne ne paie ceux qui vont sur le terrain, l'IA n'aura bientôt plus rien d'autre à synthétiser que du vide ou de la propagande.
Parce qu'à ce rythme, le débat public ne sera bientôt plus un espace de discussion mais un flux de données pollué par les deepfakes et les hallucinations algorithmiques, où les rares rédactions survivantes serviront de fusible thermique.
Parce que si le patron du journal le plus puissant de la planète en est réduit à agiter une sonnette d’alarme dans un congrès, c’est que le commandant de bord a déjà sauté de l’avion et qu'il ne vous reste plus qu'à chercher le parachute.
C’est la meilleure prise de parole que vous lirez cette semaine
L'après-match PSG-Arsenal a basculé dans le pillage de vitrines et les tirs de mortiers sur la police, provoquant le traditionnel court-circuit idéologique à gauche où l’on hésite entre “ne pas stigmatiser” et accuser la police. Un “silence de violette” qui verse dans l’aveuglement civique ?
Dans LibreJournal, Laurent Joffrin dégoupille un édito cinglant, qui a retenu toute notre attention :
À en juger par la modération des commentaires à gauche, il faudrait donc s’habituer à voir chaque événement sportif d’importance, gâché par quelques centaines de crétins agressifs qui trouvent plaisant de briser les vitrines et d’agresser les policiers. Ce silence pleutre – on craint de « stigmatiser les banlieues », ce qui reviendrait à désigner leurs habitants comme les seuls coupables, ce qui est un cliché aux connotations racistes – ouvre évidemment la voie aux outrances répressives et xénophobes de l’extrême droite, nourrissant les émissions fascisantes de CNews ou d’Europe 1.
Combien de fois faudra-t-il écrire que ces violences n’ont aucune justification, qu’elles doivent être condamnées sans restriction, que leurs auteurs à la cervelle de pois chiche bafouent les valeurs républicaines de concorde et de respect de la loi, qu’elles s’attaquent délibérément à la tranquillité publique, qu’elles n’ont d’autre effet que de noircir la réputation des cités, aussitôt accusées par facilité d’être à l’origine des débordements, alors même que la grande majorité de leurs habitants réprouvent évidemment ces comportements inciviques, qu’elles menacent enfin des citoyens qui ne demandent rien d’autre que d’exprimer leur joie à l’issue de la victoire de leur équipe, lesquels sont très souvent issus des classes populaires, premières victimes de l’insécurité.
Ces manifestants de l’absurde ne méritent rien d’autre que l’application logique des lois, sans complaisance ni panique répressive. Le seul effet politique de leurs exactions, c’est la progression de l’extrême droite, qui aura vite fait, si elle parvenait par malheur au pouvoir, de sortir de l’État de droit, de faire adopter des lois xénophobes et de renforcer de manière dangereuse les moyens répressifs de l’État. C’est à la gauche de proposer une politique républicaine combinant la fermeté immédiate et le traitement social et civique des causes de cette délinquance. Faute de quoi nous assisterons indéfiniment à la confrontation délétère entre la langue de guimauve de la gauche complaisante et les éructations autoritaires de la droite antirépublicaine.
Cette semaine, Chaos Club nous donne le meilleur tip pour partir en vacances sans perdre un seul jour de congés. "Le hush trip, c'est la "quiet vacation" version luxe : ni poser de jours, ni demander. Tu files, tu te tais, tu reviens. C'est rigolo mais pas trop trop non plus, car en 2025, seuls 20% des salariés dans le monde étaient engagés au travail, selon Gallup (un niveau historiquement bas pour la deuxième année consécutive). En France, ce chiffre tombe à 8%. Huit. Pour cent. Le reste ? 59% de la main-d'œuvre mondiale est en quiet quitting : présent physiquement, absent psychologiquement."
Retrouvez l’article dans son intégralité.
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Repéré dans l’excellente newsletter Climax, cet article du Times qui s'est amusé à suivre le parcours des millions de chaussons d'hôtel, des usines chinoises jusqu'aux poubelles des palaces. Verdict : catastrophe écologique. En cause, le matériau des semelles, le même que celui des tapis de yoga : plus de 1 000 ans à se dégrader et bourré de microplastiques. Faute de vrai chiffrage, le Times a sorti la calculette : à eux seuls, les 100 plus gros hôtels de Londres alignent en un an assez de chaussons pour relier Hyde Park à Francfort. Et ce ne sont que 100 hôtels, sur les 1 600 que compte la ville.
Un luxe qui coûte cher à la planète mais dont les hôtels peinent à se passer : chez Hotelstars Union, le label qui note les hôtels dans 21 pays européens, peignoir et chaussons font partie des critères pour décrocher la 5e étoile. Pour sauver les dauphins, le chausson biodégradable est votre ami, mais il coûte 17 fois plus cher.
Plutôt cher payé pour un truc porté deux heures. Conseil d'ami, repartez avec les chaussons, ça sauve les dauphins.
Cette semaine Time to Sign Off nous parle de sexualité, mais rien de très caliente.
L’Ifop publie un nouveau sondage sur la sexualité des jeunes femmes (15 à 29 ans) en France. En berne. Seules 38 % des femmes interrogées estiment que la sexualité est "très importante" ou même "essentielle", elles étaient 62 % en 1990. Plus d’une femme sur deux (52 %) déclare qu’elle "pourrait continuer à vivre avec quelqu’un sans avoir de relations sexuelles"… et pour cause : 62% des femmes sondées disent s’ennuyer parfois pendant les rapports sexuels…
Ce qu’il faut retenir de cette étude :
Le couple hétéro est en crise, l’étude est ici si vous voulez connaitre les raisons de cette lente agonie.
Si le sexe à deux déçoit, les jeunes femmes ne manquent pas d'idées pour prendre du plaisir (allez jeter un œil à l'étude, il y a deux ou trois tips à piquer).