💰 Dollar, chocolat glacé et thérapies de conversion

Aujourd'hui, on vous raconte pourquoi le yuan menace la suprêmatie américaine, que l’Europe avance dans le bon sens pour laisser les gens être qui ils sont, et les investissements toujours plus fous des marques au festival de Cannes. 👀 A dans 5 minutes.

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4 min ⋅ 13/05/2026

Hypertextes aussi est toujours plus fou. Kessel vous propose désormais une édition “flash”, envoyée le mercredi, toujours à base de contenus intelligents, fiables et que vous n’aurez pas lus ailleurs.

INTERNATIONAL

Le yuan au sommet : l'Amérique commence à suer.

Cette semaine, le yuan a touché son plus haut niveau face au dollar depuis plus de trois ans, juste avant le sommet Trump-Xi Jinping prévu les 14 et 15 mai. Coïncidence ?
Pas vraiment. Depuis les accords de Bretton Woods en 1944, le dollar s'est imposé comme la devise de réserve mondiale, conférant aux États-Unis un pouvoir considérable sur l'économie planétaire. Mais sa part dans les réserves de change mondiales est passée de 72% en 2001 à 57,8% fin 2024. Pendant ce temps, le dollar a perdu environ 10% de sa valeur pondérée depuis début 2025, avec une dette américaine dépassant 39 000 milliards de dollars. Trump n'a pas créé le problème, il l'a accéléré.

Pourquoi ce changement est historique ?

  • Le yuan ne représente que 1,93% des réserves officielles mondiales (FMI), mais il est déjà la 2e monnaie du financement du commerce mondial depuis 2022. L'écart reste énorme, le mouvement lui, est réel.

  • Xi Jinping a officialisé début 2026 sa volonté de faire du yuan une monnaie de réserve internationale. Problème : les contrôles de capitaux et la convertibilité limitée du yuan freinent tout. Devenir calife à la place du calife ne s'improvise pas.

  • Le signal déclencheur : le gel des réserves russes en 2022 a prouvé que des actifs en dollars pouvaient être bloqués par décision politique américaine. Ce jour-là, plusieurs banques centrales ont commencé à chercher une sortie.

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TECH

On a compris, l’IA est partout, mais a-t-on les moyens d’y résister ?

Selon le rapport Jasper "State of AI in Marketing 2026", 91% des marketeurs utilisent l'IA au quotidien, contre 63% l'an dernier. L'IA s'est immiscée partout.
Mais néanmoins pas sans une forme de résistance. Selon une enquête Writer et Workplace Intelligence menée auprès de 2 400 travailleurs aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Europe, 29% des salariés sabotent volontairement la stratégie IA de leur entreprise. Chez les Gen Z, on grimpe à 44%. Oui, c’est un mécanisme de self-preservation, et peut-être que ce sont eux qui sont du bon côté de l'histoire.

Est-ce que ça vaut le coup de résister ? 

Refuser l'IA aujourd'hui, c'est comme refuser une calculatrice en 1985 : contreproductif. Sauf que résister, c’est vouloir que les humains soient encore nécessaires.
Par ailleurs, il n’est peut-être pas encore trop tard : 42% des entreprises qui n'ont pas investi dans l'IA estiment la technologie trop immature pour justifier le saut (NBER, 2025). Enfin, en cas de bug généralisé, les humains restent en capacité totale de travailler. Surtout depuis que 67% des directions admettent avoir subi une fuite de données liée à un usage non encadré de l'IA.

🔗 Creusez le sujet (et entrez dans la résistance ?)

POLITIQUE

Le gouvernement s’inquiète (enfin) pour l’avenir des jeunes ?

Le taux de chômage des jeunes a atteint 21,5% en France, et 12,9% des jeunes sont désormais NEET (Not in Education, Employment or Training), ni scolarisés, ni en emploi, ni en formation, en rien donc. Le 7 mai, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a présenté "Emploi futur", un plan interministériel de 15 mesures. L'objectif : porter le taux d'emploi des 15-24 ans à 40% d'ici 2030, contre 34,3% fin 2025. Sans budget supplémentaire, sans réforme législative. Bonne chance.

A-t-on des raisons d’y croire quand même ?

  • Mesure phare du plan : un "InserScore du marché du travail", sur le modèle du Nutri-score, pour que les jeunes sachent à quoi s'attendre en termes d'insertion et de salaire selon leur formation. Sympa. Sauf que ça ne crée pas un seul poste.

  • Le plan arrive en même temps qu'une coupe de 7,6% sur le budget des missions locales et un rabot sur les aides à l'apprentissage. L'Unef crie au "plan au rabais", le Medef s'étonne qu'on saborde l'apprentissage tout en voulant booster l'emploi des jeunes.

  • Contexte qui ne trompe pas : ces annonces tombent moins d'un mois après la mort d'un lycéen dans le Gard lors d'un stage BTP. Le timing n'est pas anodin.

🔗 Le détail du plan Emploi Futur sur France 24


POLITIQUE INTERNATIONNALE

Bonne nouvelle, l’Europe avance sur l’interdiction des thérapies de conversion

Dans la morosité ambiante, savoir que 405 députés européens sur 720 ont voté pour l'interdiction des thérapies de conversion met un peu de baume au cœur (on notera que Jordan Bardella s'est royalement abstenu, au nom de la "souveraineté des États", l'argument fétiche du RN). Pour rappel, les thérapies de conversion sont des "stages" qui visent à "réparer" de gré ou de force les personnes LGBTQIA+. Elles sont interdites en France depuis 2022, mais c’est loin d’être le cas partout en Europe. C'est donc un premier pas législatif majeur, reste à ce que les États jouent le jeu.

Pourquoi c’est important ?

  • Parce que ça montre que l’homophobie n’a pas sa place dans l’Union, malgré la résistance des pays les plus conservateurs.

  • La résolution a été mise en place suite à une initiative citoyenne. Moralité : chaque citoyen européen, à titre individuel, peut avoir un impact sur ce qui est voté au Parlement et on a tendance à l’oublier. 

  • Réponse définitive le 17 mai pour concrétiser cette interdiction à l’échelle européenne.

🔗 Cette bonne nouvelle était soulignée dans la newsletter de Mamad Dembele
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BUSINESS

Magnum va organiser un défilé de mode à Cannes avec l’aide du styliste de Zendaya

Chaque année, en parallèle du festival de Cannes se dispute une guerre de l’ombre. Les marques usent et abusent de subterfuges pour avoir l’évènement le plus grandiose et, par extension, le plus de presse possible. Cette année, c’est Magnum qui risque de gagner la bataille. Oui, Magnum qui fait des glaces.
Pourquoi ? Parce qu’à grands coups de millions, ils sont en train d’organiser un évènement XXL pour promouvoir leurs deux nouvelles saveurs, pistache et pêche. Est-ce qu’organiser un défilé de mode et monter une beach VIP est un poil too much pour parler de glace ? Peut-être. Mais tout est possible dans le monde merveilleux du marketing.

Qu’est-ce qu’on doit comprendre de toute cette stratégie ?

  • Magnum ne vend pas simplement une glace, mais plutôt un art de vivre. Ce n’est pas un simple esquimau, mais un produit 100% glamour que vous mangez quand vous mangez un Magnum. 

  • Le festival de Cannes reste l’un des plus gros terrains de brand activation pour les marques : pour se démarquer, il faut jouer gros. 

  • Law Roach + TikTok + pistache : c'est absurde sur le papier et c'est exactement pour ça que ça va marcher. L'étrangeté assumée est devenue une stratégie de communication à part entière.

🔗 Découvrez tout le dispositif dans The Hollywood Reporter

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