🔗 Bébés carnivores, Taylor Swift et exosquelette

Cette semaine, on vous raconte comment 7 géants de la tech font vivre Wallstreet (et c'est pas ouf), que le Mercosur arrive fort et que donner de la viande aux bébés n'est pas une super idée. Lisez jusqu’à la fin pour découvrir si vous vendez votre âme au diable pour gagner votre vie. À dans quatre minutes ! 👀

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5 min â‹… 19/09/2025

La misandrie, ce faux problème très masculin

via MINERVIEWS

On en parle comme si c’était la fin du monde, un fléau inédit, la preuve qu’après avoir eu la peau du patriarcat, les féministes allaient jeter les hommes au compost. Sauf que la misandrie, ce n’est pas un système d’oppression mais un doigt d’honneur au machisme qui, lui, continue de tuer, d’appauvrir et de structurer la société. La misandrie, ça blesse un ego. La misogynie, elle, coûte 8 000 euros par an à une quinquagénaire, condamne 75 % des retraitées à moins de 1 000 euros mensuels, et a pris la vie de 749 femmes en 2023.

Bilan des courses : il y a un camp qui fait des punchlines qui piquent et l’autre qui creuse des tombes.

Mais allez expliquer ça à ceux qui transforment chaque pique en apocalypse. À voir l’ampleur du vacarme, on finirait presque par croire que trois hashtags et un tote bag « No men, no cry » seraient le prélude à l’extinction masculine. Comme si l’Occident risquait moins de sombrer sous les canicules et les populismes que sous les sarcasmes de Pauline Harmange. On n’a pas fini d’entendre pleurer sur « la haine des hommes », alors qu’en pratique, le pire qu’elle inflige, c’est quelques verres de vin blanc renversés sur des mocassins à glands. Ou des glands en mocassins. À voir.

Lire la chronique de Farah El Bahoua ici, sauf si vous avez peur pour votre alpha ego.

3 choses à rattraper si vous étiez en manif savoir cette semaine

1. Les 7 géants qui font vivre Wall Street (et qui peuvent tout faire crasher)

On nous vend le S&P 500 comme la bible de la diversification boursière. La réalité ? Un western à 7 cow-boys : Nvidia, Microsoft, Apple, Alphabet, Amazon, Meta et Tesla pèsent désormais plus de 30 % de l’indice. Une concentration jamais vue, qui ferait hurler n’importe quel prof de finance de première année. Pourquoi ? Parce que les bénéfices XXL de la tech font office de perfusion, mais transforment l’indice en château de cartes high-tech. Une bonne nouvelle tant que la Silicon Valley crache du cash… et un séisme garanti au premier faux pas. En clair : le S&P 500 est un western. Sauf qu’ici, si un cow-boy tombe, tout le saloon s’écroule et avec lui, votre plan retraite. Mais peut-être pourra-t-on compter sur le Qatar, propriétaire de 30% des Champs Elysées pour nous sauver. Peut-être.

Pour impressionner Didier lors de votre apéro Kick Off de ce soir, lisez Economix, la newsletter de Laurent Cosmos

2. Accord Mercosur : un steak qui passe mal

L’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, négocié depuis la fin des années 90, n’a jamais été aussi près du but. Paris et Rome, jadis réticents, ont rangé leur opposition au placard après que Bruxelles a promis une “surveillance renforcée” des importations (traduction : une rustine statistique pour calmer les syndicats). Résultat : 99 000 tonnes de bœuf sud-américain, 180 000 tonnes de volaille et 16 millions de tonnes de sucre pourront débarquer chaque année, soit une part infime de la production européenne… mais symboliquement, un caillou dans la botte de la FNSEA. La Pologne proteste encore, mais pas assez fort pour bloquer. Ratification probable avant 2026, mise en œuvre provisoire à la clé, et à la sortie : +40 % d’exportations européennes vers l’Amérique du Sud. En résumé : l’UE fait ses valises pour Rio, mais les paysans français, eux, n’ont toujours pas digéré le menu.

Si vous désirez en savoir plus (et on vous comprend), What’s Up EU explique toute l’actualité européenne et le fait très bien

3. Taylor Swift fait aussi danser les bourses

En plus de Spotify et des stades, Taylor Swift retourne aussi Wall Street. Une robe Ralph Lauren portée par la star : +2 % en Bourse. Une rumeur de fiançailles avec Travis Kelce : +6 % pour Signet Jewelers. Une collab annoncée avec American Eagle : +8 %. Autrement dit, chaque geste de la chanteuse devient un indicateur macroéconomique. On appelait ça jadis la “fan girl culture”, un truc futile. Aujourd’hui, c’est un moteur de croissance scruté par les banques centrales. Bienvenue dans la Taylor Swift economy : quand elle poste, les traders s’affolent ; quand elle chante, les villes prospèrent. Et le jour où elle décidera de se marier en Zara, l’Espagne deviendra la capitale de la mode. Ne fais pas ça Taylor.

C’est qui la Boss ? Ce n’est pas une question, mais la newsletter qui filtre l'empowerment, la pop culture et la vie pro pour votre pause café. C’est écrit par Clara-Douce, c’est à retrouver ici.

Le grand frisson classique débarque à La Seine Musicale 🎶

[partenariat sponsorisé]

Laurence Equilbey ©Julien BenhamouLaurence Equilbey ©Julien Benhamou

Avis aux mélomanes et aux curieux en quête d’émotions fortes : les 24 et 25 septembre, Insula orchestra, orchestre résident de La Seine Musicale, sort l’artillerie lourde et les perles rares. Au programme ? Le tube planétaire de Beethoven, sa Symphonie n°5 (vous savez, les 4 notes les plus connues de la musique classique), et les pépites méconnues de Bruch, entre drame romantique (Die Loreley) et Concerto pour clarinette et alto.

Le tout, sous la direction de Laurence Equilbey, une femme cheffe d’orchestre dont l’ensemble est réputé dans toute l’Europe pour son excellence et sa précision. Bonus : les musiciens jouent sur instruments d’époque, pour une immersion totale.

Et comme si ça ne suffisait pas : un concert de 1h40 avec entracte, dans le cadre magnifique de La Seine Musicale, au bord de la Seine. Avec des places accessibles, dès 10 € pour les -28 ans. Pas besoin d’hésiter trop longtemps.

👉 Toutes les infos à retrouver ici

La gamberge de la semaine

Faut-il vendre son âme pour gagner sa vie ?

par Séverine Bavon

“Socrate, qui n’en pouvait plus de voir des gens de gauche utiliser Amazon et Deliveroo, a plus ou moins Ă©tĂ© le prem’s Ă  penser l’acrasie (oui) (Ă  ne pas confondre avec l’acratie merci) : la tendance des gens Ă  agir Ă  l’encontre de leur meilleur jugement. Et parce qu’il avait de l’affection pour ses potos du 19e arrondissement qui adorent Poutou mais ont un abonnement Prime, il a essayĂ© de leur trouver des excuses, en disant en gros (on appelle ça la thèse “intellectualiste”) que c’est probablement parce qu’iels avaient pas toutes les infos, donc en vrai, la vraie acrasie n’existe pas puisqu’ils SAVAIENT PAS. Ce Ă  quoi Aristote, qui a aussi de l’affection pour la gauche Ĺ“ufs de lompe, mais moins, rĂ©torque que non, en fait, on peut vraiment SAVOIR et quand mĂŞme faire de la merde, c’est humain.

J’espère que vous avez vos sacs Ă  vomito car on va faire une fat accĂ©lĂ©ration, et passer direct Ă  Marx. En gros fan de Pink Floyd, il Ă©claire une autre facette du bail, le dark side of the moon de “vendre son âme”, avec le concept d’aliĂ©nation: le fait, pour l’ouvrier dans le système capitaliste, d’être dĂ©possĂ©dĂ© du sens et des fins de son activitĂ©. Y’a quatre couleurs dans le spectre de l’aliĂ©nation : ĂŞtre aliĂ©nĂ© du produit de son travail (qu’on ne possède pas), de son activitĂ© elle-mĂŞme (par des gestes imposĂ©s et rĂ©pĂ©titifs), de son “être gĂ©nĂ©rique” (devoir trahir sa nature crĂ©atrice) et enfin de ses semblables (la compĂ©tition ayant remplacĂ© la coopĂ©ration). En gros, en bossant, le travailleur/la travailleuse vend sa force de travail comme une marchandise, et perd le contrĂ´le sur ce qui devrait ĂŞtre l’expression de sa nature humaine, ce qui au final l’appauvrit spirituellement et matĂ©riellement. Un peu “vendre son âme” quoi.

Et on va terminer ce tête-à-queue sans queue ni tête par un peu de XXᵉ siècle pour ajouter juste ce qu’il faut de gris dans les cinquante nuances. Si on continue sur l’évolution du travail, Max Weber, qui adore Mylène, explique faire partie d’une généraaaation désenchaaantée, le travail moderne étant de plus en plus soumis à la rationalisation, à l’obligation d’efficacité, à des règles impersonnelles et des objectifs calculables. Il décrit un travail rationalisé et bureaucratisé dont le sens se vend à la découpe, où l’on optimise les moyens plutôt que d’interroger les fins. On a clairement perdu l’âme au passage.”

La suite de cet article passionnant de Séverine Bavon pour CDLT qui en dit long sur notre rapport au travail est à lire impérativement ici (même si on ne vous force pas, faites le).

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Et vous, avez-vous l'impression de vendre votre âme au travail ?

La singerie de la semaine : des bébés carnivores à cause de TikTok

Il ne faut peut-ĂŞtre pas de tout pour faire un monde.

Après le “raw water”, les bains de soleil pour anus et les gourous du kéto, voici la dernière merveille made in TikTok : les “carnivore babies”. Au programme, des mamans persuadées qu’un bébé nourri uniquement de viande (prémâchée si nécessaire, quand même) aurait plus de muscles, moins de caprices et, qui sait, peut-être un CAP boucherie avant la maternelle. Malheureusement, pour les pédiatres, ce régime est tout sauf une preuve de “retour au naturel” puisque trop de protéines flinguent les reins, saturent l’organisme d’urée et privent les enfants de fibres, vitamines et éducation gustative. Mais bon, de quoi se mêle la science ?

Pendant que certains parents transforment leur bébé en apprenti carnivore, l’ONU rappelle que la viande est l’un des moteurs de la crise climatique. On voulait des enfants du futur, on fabrique surtout des intestins sous stéroïdes à l’avenir plus qu’incertain. Et si en plus la viande n’est pas européenne…

Pour comprendre que l’humain fait globalement n’importe quoi avec la planète, la newsletter d’Hugo Clément à retrouver ici

La recommandation qu’il vous fallait : rester assis ?

On nous vend l’exosquelette comme le Graal du handicap : miracle technologique, preuve que le progrès a bon dos, et surtout belle vitrine pour start-ups et salons de l’innovation. Mais derrière le storytelling futuriste, l’histoire est plus triviale : au lieu de construire des rampes, on fabrique des armures à 150 000 euros. Au lieu de repenser l’accessibilité, on fantasme un retour à la norme — debout, performant, productif. Comme si être assis était une anomalie à corriger.

Cet article signé Charlotte de Vilmorin démonte avec élégance ce techno-solutionnisme qui confond autonomie et performance. Oui, la technologie peut libérer. Mais elle peut aussi enfermer dans une vision validiste du monde : celle où le corps n’est accepté que s’il est “réparé”. Moralité : le vrai progrès n’est pas de nous visser des moteurs sur le dos, mais de repenser l’environnement pour qu’il nous accueille tels que nous sommes.

À lire debout, assis, ou allongé. Exosquelette non requis.

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Par Kessel -

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