#BULLETIN DE SANTĂ
Lâattentisme fait loi.
En France, un investisseur locatif sur trois compte attendre le rĂ©sultat de la prĂ©sidentielle de 2027 avant de sortir le chĂ©quier, selon un baromĂštre Maslow pour Les Ăchos. Avec, en ligne de mire, la situation Ă©conomique gĂ©nĂ©rale (35% des Français), la fiscalitĂ© immobiliĂšre (26%) et le climat politique et social (21%). En clair, la pierre reste une valeur refuge pour pas mal de monde (un Français sur deux considĂšre ce placement comme attractif) - sauf qu'on la planque dĂ©sormais dans un tiroir en attendant de savoir ce que pourrait donner le locataire de l'ĂlysĂ©e.
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Robinets Ă sec.
Au moins 40 000 personnes ont été touchées par des pénuries d'eau dues à la sécheresse cet été, relate Le Monde. On en oublierait presque que des centaines de milliers de Français dans les outre-mers vivent, elles, cette situation au quotidien, rappelle BonPote. Jusqu'à 70% des habitants y subissent des "tours d'eau" réguliers, et quand le robinet coule, l'eau n'est pas toujours potable. Bref, pendant qu'on discute des méga-bassines, une partie du pays vit sa crise de l'eau depuis des années dans l'indifférence à peu prÚs totale.
L'analyse complĂšte est Ă lire chez BonPote - abonnez-vous Ă leur newsletter juste ici.
Le thermomÚtre cassé.
L'Ă©pisode El Niño en cours pourrait bien ĂȘtre le plus puissant jamais observĂ© depuis le dĂ©but des mesures, il y a quarante ans, alerte l'Organisation mĂ©tĂ©orologique mondiale, citĂ©e par Public SĂ©nat. ConcrĂštement, le phĂ©nomĂšne - qui se traduit par des catastrophes naturelles, comme des ouragans - est dĂ©jĂ installĂ© dans l'ocĂ©an Pacifique et doit encore grimper en intensitĂ© jusqu'Ă son pic prĂ©vu fin 2026⊠avec des effets durables jusqu'en fĂ©vrier 2027, prĂ©vient HugoDĂ©crypte. En clair, on ne parle plus d'un alĂ©a climatique ponctuel mais d'un Ă©pisode qui va littĂ©ralement sortir des courbes utilisĂ©es depuis quatre dĂ©cennies pour le mesurer - comme un thermomĂštre qui exploserait, faute de savoir oĂč placer le trait.
Pour en savoir plus, tout est magnifiquement décrypté dans les Actus du jour par HugoDécrypte. Et pour vous abonner en newsletter, c'est par ici.
ET EN PLUS, ILS ONT.. MONĂTISĂ DES MARMOTTES
Aux Ătats-Unis, des chercheurs de l'UCLA et du Rocky Mountain Biological Laboratory, privĂ©s de subventions fĂ©dĂ©rales par l'administration Trump, ont eu une idĂ©e improbable : lancer sur la plateforme de contenus pour adultes OnlyFans un compte⊠dĂ©diĂ© aux marmottes qu'ils Ă©tudient (LibĂ©ration). BaptisĂ© "OnlyMarms" ("Que des marmottes"), il reprend des photos de marmottes Ă ventre jaunes du Colorado, Ă©tudiĂ©es en continu depuis 1962, et a dĂ©jĂ permis de rĂ©colter 5 000 $.
#LâANGLE MORT
| LE BRUIT
C'est la rentrée depuis mercredi : les gamins retournent dans les salles de classes, les salariés réinvestissent l'open space et dans les deux cas, une sempiternelle question revient : "Alors, t'as fait quoi de tes vacances ?"
| LE SIGNAL
Il vous concerne peut-ĂȘtre directement, mais il vient cette fois-ci de SĂ©verine Bavon, l'autrice de la succulente newsletter CDLT, qui a - disons-le franchement - ratĂ© la seule semaine de vacances qu'elle avait prĂ©vue cet Ă©tĂ©.
| ANGLE MORT
On ne rate pas ses vacances. On subit une injonction - qu'elle vienne des réseaux sociaux, de l'entreprise, etc. - à les réussir, à les rentabiliser AU MAX.
Sauf que dans la vraie vie, 40% des Français n'Ă©taient pas partis en vacances en 2024, selon Lâobservatoire des inĂ©galitĂ©s - un chiffre directement corrĂ©lĂ© aux Ă©carts de revenus. "En dâautres termes : PLUS on a un job pĂ©nible et une vie rendue complexe par le manque de moyens, PLUS on a besoin de vacances, et MOINS on part en vacances", dĂ©crypte CDLT.
Et mĂȘme pour celles et ceux qui en prennent, cinq semaines de congĂ©s par an ne suffisent plus Ă dĂ©compresser. En une gĂ©nĂ©ration (entre 1984 et 2013), le nombre de salariĂ©s qui bossent sous forte contrainte de cadence a Ă©tĂ© multipliĂ© par⊠six, de 6% Ă 35%, selon la Dares, le service ministĂ©riel de la statistique en France. Sans qu'aucun jour de congĂ© supplĂ©mentaire ne vienne Ă©videmment compenser l'intensification.
Si l'on y ajoute le mirage du droit Ă la dĂ©connexion, les temps de travail qui dĂ©bordent, la difficultĂ© des salariĂ©s confrontĂ©s Ă des stress Ă©levĂ©s au boulot et qui galĂšrent Ă dĂ©crocher ou encore le climat, on rĂ©alise trĂšs vite que prendre des vacances TOUT COURT relĂšve dĂ©jĂ du parcours du combattant. Ou, comme rĂ©sumĂ© dans CDLT, "les vacances sont une station-service, oĂč on doit rĂ©ussir en un temps record Ă faire le plein pour se remettre vaillamment en route et faire la seule chose qui compte : crĂ©er de la valeur."
L'analyse complĂšte - et les solutions pour moins culpabiliser quand on peut prendre des vacances - sont Ă retrouver sur CDLT. Et pour s'abonner, c'est juste lĂ .
DâAILLEURS
Surprenant : lâaudience de MrBeast, biberonnĂ©e Ă YouTube, fait bider son premier roman publiĂ© chez Harper Collins (Semafor) // Le âwokisme 1.0â est mort, vive le âwokisme 2.0â (Quotidien) // Temps modernes : si votre mĂšre ramĂšne son agent IA dans vos vacances en famille, fuyez (Wall street journal) // Trente ans plus tard, on sait ENFIN qui a tuĂ© Tupac Shakur (France Info) // Politique-fiction : et sinon, que se passerait-il si Jordan Bardella gagnait la prĂ©sidentielle de 2027 ? (Zone habitable) // Robin Panfili a les recommandations qu'il vous faut pour survivre Ă la fin de l'Ă©tĂ© (dont une banane-glaciĂšre, oui oui) (EntrĂ©e Plat Dessert) // Vous souhaitez savoir comment votent les politiques sur les sujets qui VOUS concernent ? (Bonpote) // Oubliez la course Ă l'IA : les Ătats-Unis et la Chine s'affrontent dĂ©sormais sur le marchĂ© des implants cĂ©rĂ©braux (Axios)
En partenariat avec McDonaldâs France
Et si vos enfants pouvaient désormais écouter leurs histoires préférées grùce au Happy Meal⹠?
On connaßt surtout McDonald's France pour ses menus. On connaßt un peu moins son engagement de longue date pour la lecture en famille, porté depuis plus de 10 ans à travers son programme « Un jouet ou un livre », proposé dans le menu Happy Meal⹠en partenariat avec Hachette Jeunesse. Aujourd'hui, cet engagement va encore plus loin en prenant une nouvelle forme : le livre audio.
Ă lâoccasion du lancement du tome âLe Serpent de ChichĂ©n ItzĂĄâ, intĂ©grĂ© Ă la collection de livres Happy Mealâą 2026 signĂ©e par AgnĂšs MartinâLugand, McDonaldâs France enrichit lâexpĂ©rience de lecture avec une nouveautĂ© : un QR code intĂ©grĂ© dans chaque livre qui permet dâĂ©couter lâhistoire instantanĂ©ment. Une nouvelle maniĂšre d'installer le rituel de la lecture partagĂ©e : dans la voiture, dans le train, avant le coucherâŠl'histoire suit la famille partout.
Le format livre audio sera proposĂ© sur une sĂ©lection de titres de la collection âUn Monde Ă raconterâ, distribuĂ©e dans le menu Happy Mealâą Ă partir du 1er septembre et jusqu'Ă la fin de la collection. Chaque histoire est accessible via un QR code unique prĂ©sent Ă lâintĂ©rieur de chaque livre.
LE BUZZWORD Ă CONNAĂTRE : âMEAT PROXYâ
ĂA VEUT DIRE QUOI ?
C'est ce terme, entrĂ© au SF-ISMS (le dictionnaire de la novlangue issue de San Francisco, autant dire du FUTUR) qui dĂ©signe une personne qui relaie un texte, un mail ou un rapport gĂ©nĂ©rĂ© par IA⊠sans l'avoir ni lu, ni compris, ni validĂ© elle-mĂȘme. En clair : elle sert juste de tuyau entre la machine et le destinataire. Comme une sorte de pigeon voyageur des temps modernes.
Toute ressemblance avec une expérience vécue est non fortuite.
#PROPALES DE FUTUR
Point de départ : les data centers, alliés indispensables de notre utilisation de l'IA et nouveau front de discorde entre nécessité économique et désastre environnemental.
CHIANT MAIS PROBABLE Rien ne change vraiment, sauf la facture. Tous les trois mois, un gĂ©ant de l'IA annonce un data center "gĂ©ant" pour la France, inaugurĂ© en grande pompe par un ministre de l'Ăconomie qui a hĂ©ritĂ© du projet laissĂ© par son prĂ©dĂ©cesseur. Les riverains organisent des rĂ©unions publiques, obtiennent des panneaux anti-bruit et une promesse de "compensation carbone" - laquelle ne sera Ă©videmment jamais concrĂ©tisĂ©e. La facture d'Ă©lectricitĂ© grimpe lentement mais sĂ»rement, sauf que personne ne sait si c'est Ă cause du changement climatique, d'une guerre plus ou moins lointaine, ou de ces mĂ©ga bĂątisses. Un rapport sĂ©natorial recommande "plus de sobriĂ©tĂ© numĂ©rique". Il termine dans un tiroir.
BLACK MIRROR Un data center consomme désormais plus d'eau qu'une ville moyenne pour se refroidir. Et comme elle a le sens des priorités, votre mairie coupe l'eau courante cinq heures par jour - sept l'été - histoire de garder au frais les précieux serveurs. Heureusement, celui qui génÚre vos recommandations Netflix en fait partie. Il tourne 24 h sur 24, sept jours sur sept, à quelques kilomÚtres tout juste de chez vous. Heureusement, le gouvernement a prévu une appli pour suivre "en direct" la consommation du data center local, histoire de savoir quand ça va couper.
IDIOCRACY Une rĂ©gion - au hasard, Auvergne-RhĂŽne-Alpes - se met Ă se vanter d'avoir "le plus gros data center d'Europe" comme d'autres se vantent d'avoir la plus grosse citrouille au comic agricole. Un influenceur organise une visite guidĂ©e sponsorisĂ©e, casque de chantier vissĂ© sur la tĂȘte, en expliquant que "l'IA, c'est un peu comme le cloud, mais en dur", tout en ne montrant pas grand-chose, les centaines de serveurs se ressemblant Ă peu prĂšs tous. Pour faciliter un sentiment positif auprĂšs des data centers (mais pas que), une entreprise propose "d'adopter un serveur" pour 15⏠par mois, avec un prĂ©nom et une photo. Votre petit dernier s'appelle Kevin, il a 2 ans et tourne actuellement Ă 38°C.
GRAND RECLASSEMENT Faute d'Ă©lectricitĂ© disponible, l'Ătat impose un moratoire sur les nouveaux data centers, hors zones nuclĂ©aires dĂ©diĂ©es. Les rĂ©gions ayant leur propre EPR Ă proximitĂ© deviennent les nouvelles capitales de l'IA - la carte de France se redessine dĂ©sormais autour des centrales, et non des mĂ©tropoles. Ironie du sort : les collectivitĂ©s, qui quĂ©mendaient naguĂšre des subventions Ă l'Ătat pour assurer leur fonctionnement, lui versent maintenant une partie des dividendes obtenus aprĂšs leurs nĂ©gociations en one-to-one avec les gĂ©ants de l'IA. Avec le "cash contre gigawatts", les collectivitĂ©s deviennent peu Ă peu l'Ă©quivalent de l'OPEP, mais en France, et en moins polluant.
LE MONDE D'APRĂS La bulle IA se dĂ©gonfle plus vite que prĂ©vu. Pire : en rĂ©alitĂ©, elle explose, sous le poids de sa propre valorisation dĂ©mesurĂ©e (facilitĂ©e par la chute d'un certain fonds d'investissement amĂ©ricain). Une partie des data centers construits Ă la hĂąte tourne au ralenti, ceux-ci Ă©tant trop chers Ă entretenir pour des usages rĂ©els. Certains sont reconvertis en entrepĂŽts logistiques, pour la plus grande joie d'enseignes de grande distribution et de commerce en ligne qui mettent la main sur des locaux quasi prĂȘts Ă l'emploi. D'autres sont reconvertis en "data centers de secours" et louĂ©s Ă prix cassĂ©s. On redĂ©couvre qu'un ordinateur, ça servait Ă la base pour la bureautique puis pour surfer sur Internet - et on comprend que, finalement, l'IA aura surtout eu pour effet de faire flamber les factures d'Ă©lectricitĂ© de tout le monde.
