🔗 SPA, Gasoil et Burger pas cher

Cette semaine, on vous explique pourquoi l'IA vous permet de travailler beaucoup plus (quelle chance), que Donald Trump est plus utile qu'il n'y parait pour l'OTAN mais qu'il va se faire coiffer par la Chine sur autre chose. Mais aussi que votre magasin GIFI risque de devenir un SPA géant. À dans cinq minutes ! 👀

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6 min ⋅ 03/04/2026

Homme augmenté, épuisé mais satisfait ?

Dépendant. Si un utilisateur d'IA était un patient, son médecin cocherait cette case avec la résignation clinique du toubib qui sait que le diagnostic ne changera rien aux habitudes. Quatre fenêtres ouvertes pendant le dîner, un prompt avant d'aller chercher les enfants, un autre avant de se coucher : le cadre augmenté de 2026, trop occupé à superviser ses machines pour remarquer que la soupe refroidit et ce que le petit Jérémy a déposé dans sa couche.

Le pire, c'est que ça marche. On ne parle pas ici du demeuré qui demande à ChatGPT de rédiger ses mails de rupture ou du stagiaire qui colle un rapport Wikipédia en espérant que personne ne lira mais de gens compétents, avec de vrais projets et des résultats concrets. Et précisément pour ça, ces gens sont foutus. L'outil est si efficace qu'il colonise les créneaux vacants avec l'appétit d'un promoteur immobilier face à une friche : le dîner, le trajet, le lit.

L’IA a développé notre sentiment d'inachevé permanent en créant une liste de chantiers ouverts qui s'allonge à mesure qu'on croit avancer.

La Harvard Business Review a mis un nom sur le phénomène en mars, avec la délicatesse anglo-saxonne qu'on lui connaît : AI brain fry et 14% des utilisateurs en souffrent.

Le rapport ActivTrak enfonce le clou avec 443 millions d'heures analysées et une conclusion « sans ambiguïté » : l'IA ne réduit pas la charge de travail.

Pire : le temps de concentration profonde a baissé de 9 %. Le chat, lui, a bondi de 145 %.

Traduction : on travaille plus, on pense moins, on s’en félicite

Autrement dit, l'agent qui ne dort jamais crée un patron qui ne décroche plus et bien entendu, les fabricants, bien sûr, n’y sont pour rien. S’ils permettent des sessions en arrière-plan, un accès mobile et synchronisation permanente, c’est simplement parce qu’on leur demande et tout le monde est content.

La machine devait libérer l'homme du labeur pour lui rendre du temps au nom du progrès. Effectivement, l'homme a récupéré du temps pour lancer un ou plusieurs prompts de plus.

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3 infos à lire pendant votre garde à vue à savoir cette semaine

1. Trump menace l’OTAN et le sauve malgré lui

Donald Trump a traité l'OTAN de “tigre de papier” dans le Telegraph, menaçant pour la millième fois de claquer la porte après que les Européens ont refusé de l'accompagner au Moyen-Orient. Le résultat ne s’est pas fait attendre et pris de panique, les alliés ont sorti le chéquier. Pour la première fois depuis 2014, les 32 membres de l'Alliance atteignent la cible des 2 % du PIB consacrés à la défense, soit 500 milliards supplémentaires en un an, l'équivalent du PIB de la Suède. Même la France a lâché quelques centimes supplémentaires pour dépasser le seuil symbolique. Mark Rutte, secrétaire général de l'OTAN, se frotte les mains. Poutine, qui espérait voir l'Alliance s'effondrer, range son optimisme. Et Trump, qui voulait démanteler le machin, l'a involontairement sauvé. On cherche encore le mot pour qualifier un homme capable de renforcer une institution en menaçant de la détruire. “Stratège” semble excessif.

Les détails de cette affaire sont à retrouver sur Economix.
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2. La Chine rattrape les US sur l’IA

Pendant que les Américains se disputent la paternité du prochain modèle qui va “changer le monde”, les Chinois, eux, vendent de l'IA utile à prix cassé avec DeepSeek, Qwen et consorts qui ont réussi à séduire Pinterest, Airbnb et une bonne partie des entreprises qui ont découvert, par la même occasion, qu'une IA moins chère faisait souvent le même café. Pourquoi ça marche autant ? Simple, électricité bon marché, code open source, État qui finance à guichets ouverts (800 milliards de dollars d'investissements publics dans la recherche) des fonds privés américains que Trump s'emploie méthodiquement à décourager avec une taxe de 100 000 dollars sur les visas de chercheurs étrangers. Pour l’instant, les États-Unis gardent une longueur d'avance grâce aux puces électroniques, dont ils restreignent soigneusement l'accès à Pékin. Mais l'écart se réduit et vu d’ici, la course ressemble de moins en moins à un duel entre titans qu’à un match où l'un des joueurs s'acharne à trouer son propre filet.

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3. La France fait ses courses en munitions

Sébastien Lecornu a débarqué à l'Assemblée mercredi avec une ardoise : 36 milliards supplémentaires à ajouter aux 413 déjà prévus dans la loi de programmation militaire. La priorité affichée, ce sont les munitions avec 8,5 milliards de commandes en plus d'ici 2030, parce qu'il s'avère qu'utiliser des missiles à 600 000 euros pour détruire des drones à 20 000 euros finit par peser sur le budget des courses. Pour gérer tout ça, le gouvernement crée “France Munitions” (vous ne rêvez pas) un véhicule financier qui jouera les grossistes en obus, financé par un mélange de capitaux publics, privés et de dette obligataire, soit la méthode habituelle pour dépenser de l'argent qu'on n'a pas en faisant croire qu'on l'a. L'Europe met aussi la main à la poche via le dispositif SAFE : 15 milliards de prêts à taux avantageux accordés à la France. En clair, tout le monde s'endette pour acheter des munitions.

Ce qui se passe en France est sur Hexagone.
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Et comment se porte la France dans la guerre du carburant ?

Bof. Le gouverneur de la Banque de France répète depuis le début du conflit que “2026 n'est pas 1973”. Il a raison sur un point : en 1973, la France importait 70 % de son pétrole du Moyen-Orient. Aujourd'hui, c'est 10 %. En revanche, elle importe toujours 50 % de son diesel et 70 % de son kérosène de la même région. On a diversifié le brut, pas ce qu'on en fait.

Au niveau des chiffres depuis le 28 février : le gazole a pris 80 %, le kérosène 110 %. Le litre de gazole dépasse donc 2 euros dans la plupart des stations. L'IFPEN anticipe un baril à 130 dollars d'ici mai. Le gouvernement a demandé aux raffineries d'augmenter leur production. Réponse des raffineries : elles tournent déjà à plein régime. Compensation possible : 2 à 3 % du déficit.

Ceux qui vont payer en premier : les transporteurs routiers, les agriculteurs, les artisans. Ceux qui n'ont ni le temps d'attendre une alternative ni les moyens d'en changer.

Le vrai problème : en 2022, face au gaz russe, la France a déployé un bouclier tarifaire massif. La facture est encore là avec un déficit à 5,4 % du PIB et une dette à 117 %. Cette fois, les caisses sont vides. Pas de bouclier universel mais des aides “ciblées” selon Lecornu. C'est le mot poli pour dire que tout le monde trinque mais que certains trinquent moins, ou plus, c’est selon.

L’analyse complète est à retrouver sur Filite.
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Marc Peru, portrait d’un serial inventeur chez Stellantis 

En partenariat avec Stellantis.

Là où tout le monde voit un problème, Marc Peru voit une opportunité d’innover. Tout a commencé par une leçon amère : au début de sa carrière, un fournisseur reprend et commercialise une de ses idées. Ce jour-là, il comprend qu’une idée non déposée n’existe pas. Depuis, il a déposé plus de 450 brevets.

Sa méthode : réunir dans la même pièce des experts et des non-experts, croiser les disciplines, brainstormer en ne censurant aucune piste. Le génie, chez lui, est collectif. 

Cette approche, il la transmet aujourd’hui aux jeunes ingénieurs du groupe Stellantis, qui innovent sur les marques emblématiques telles que Alfa Romeo, Citroën, DS Automobiles, Opel et Peugeot. Une culture qui irrigue tout le groupe : pour la troisième année consécutive, Stellantis est le premier déposant de brevets en France, avec 1 294 dépôts en 2025.

Chez Stellantis, l’innovation concerne autant les brevets qui améliorent la sécurité — le domaine de Marc Peru — que les innovations de rupture. Le futur volant rectangulaire Hypersquare, qui sortira en 2027 sur la Peugeot 208, résume bien cette philosophie : derrière ce design radical se cachent plusieurs brevets. 

Innovation spectaculaire et innovation silencieuse, une combinaison sur laquelle planchent les équipes d’Anne Laliron, directrice de l’innovation du groupe. L’objectif, c’est de développer “des innovations en rupture, celles qui nous font faire des gains d’au moins 30% par rapport à l’existant.” 

👉 Découvrez les dernières innovations du groupe Stellantis
👉 Découvrez les marques du groupe Stellantis

Sinon, il y a désormais plus de salles de sport et de SPAS que de magasins aux Etats-Unis

Le marché du bien-être pèse désormais 2 100 milliards de dollars, Planet Fitness ouvre 200 nouvelles salles cette année, et le fitness représente 30 % des baux commerciaux contre 20 % en 2016.

Officiellement : les millennials et la génération Z préfèrent “les expériences aux objets”.
En réalité : Amazon vend le matelas moins cher et le livre à domicile, alors autant occuper la surface libérée avec un tapis de yoga.

La reco de la semaine : se faire livrer un burger par quelqu’un payé 5,83 euros de l’heure ?

Une étude menée auprès de 1 000 livreurs de plateformes à Paris et Bordeaux : 63 heures de travail par semaine, six à sept jours sur sept, pour un revenu net de 880 euros par mois. Le taux horaire brut moyen s'établit à 5,83 euros, soit la moitié du SMIC. Un livreur sur deux à Paris a passé au moins une journée entière sans manger au cours des douze derniers mois. Plus de la moitié a déjà eu un accident dans le cadre de son travail.

Ce qui rend le système particulièrement élégant : les trois quarts travaillent sous le compte d'un tiers, pour lequel ils paient en moyenne 528 euros par mois. Soit un tiers de leur revenu brut reversé à quelqu'un qui possède un compte Uber Eats et un titre de séjour. 97,8 % sont immigrés, près des deux tiers sont sans papiers. Neuf sans-papiers sur dix déclarent qu'ils arrêteraient immédiatement si leur situation était régularisée.

Rappel de ce modèle vertueux : des plateformes qui ne sont pas des employeurs, des travailleurs qui ne sont pas des salariés, des accidents qui ne sont pas des accidents du travail et une facture sociale que personne ne paie sauf les livreurs eux-mêmes.

La directive européenne censée réguler tout ça doit être transposée en droit français avant décembre 2026. Le gouvernement a d'autres urgences. En attendant, votre repas sera livré en 30 minutes.

L’étude complète et accablante est à déguster sur THE CONVERSATION.

Quand on y pense, Loana était notre Laura Palmer à nous

Par Mélissa Chevreuil

“Alors que je buvais un verre avec mon pain, la nouvelle débarque dans mes notifications comme un coup de tonnerre. Loana, icône télévisuelle, est passée de vie à trépas après des années d’errance, de lutte contre les substances et la solitude et de misogynie subie. Depuis, chacun y va de son petit message, sa petite story, nappée de présumée culpabilité : « j’aurais pu faire quelque chose, je l’ai délaissée ». Le créateur de contenus Tape In l’explique bien mieux que moi sur TikTok. Loana est notre Laura Palmer à nous, confère le personnage principal de la série de David Lynch « Twin Peaks » (récemment entièrement disponible sur Arte). Pour rappel, Laura Palmer était la petite fiancée de la bourgade de Twin Peaks. Enfin, une fois décédée. De son vivant, si elle suscitait convoitise, désir et curiosité, elle était surtout victime de misogynie, d’agressions, et nombre de personnes assistaient sans pour autant l’aider à sa lente plongée dans l’addiction et la dépression. Et cela en dépit des très nombreux SOS lancés ouvertement. Ces deux femmes ne sont des icônes adorées et adulées qu’une fois décédées. Alors que leurs mêmes adorateurs sont tous, à leur façon, responsables de leur tragique disparition.”

Encore plus de pensées sur Toujours kawainé, toujours cute.


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Par Kessel -

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