🔗 Dette française, Taxe Zucman et Randonue

Cette semaine, on vous raconte comment l'IA crée des nouveaux genres de jobs, que la rébellion française inspire et que donner des réseaux sociaux à des gamins n'est pas la meilleure idée pour lutter contre la désinfo. Lisez jusqu’à la fin pour découvrir si vous pouvez attendre jusqu'à 2h du matin pour boire du matcha. À dans quatre minutes ! 👀

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5 min ⋅ 26/09/2025

Notre déprime s’exporte aux Etats-Unis

via CATHERINE SCHWAAB

Bonne nouvelle. Les Américains avaient l’habitude de venir chercher en France du Bordeaux, du camembert et quelques fantasmes sur « l’art de vivre ».  Aujourd’hui, il semblerait que ces touristes en sueur ne cherchent pas la gastronomie ou le taux de change mais à fuir Donald Trump, ce mélange de show télé poujadiste et de cauchemar démocratique orange encore plus dingue que n’importe quel épisode de South Park.

Pourquoi débarquent-ils chez nous qui ne sommes pas forcément les plus accueillants et les plus heureux ? Parce que justement, la France est perçue comme une station thermale de la contestation, et les Américains sont persuadés qu’entre Bastille et Nation se distribuent encore des kits de survie démocratique.

Les chiffres sont clairs : trois fois plus de manifs qu’en 2017, un “no sex movement” qui prospère et Angelina Jolie qui ose admettre qu’elle ne reconnaît plus son pays. Bilan des courses, quand la France pleure, elle descend dans la rue. Quand l’Amérique panique, elle prend l’avion pour Paris.

En tout cas, on finit presque par se demander si, en 2025, le vrai tourisme culturel ne consiste pas à s’initier à nos manifs, nos banderoles et nos verres de rouge après la charge des CRS. Avec un peu plus d’esprit start-up, on aurait déjà transformé ça en « French Riot Experience® » : pack slogans, gaz lacrymo et selfie devant un canon à eau, 199 dollars sur Airbnb. Sauf qu’on n’est pas américains : on n’a ni le budget, ni l’enthousiasme pour pleurer à l’étranger.

Lire la chronique de Catherine Schwaab ici, pour vous réconcilier avec les manifs à venir.

3 choses à rattraper si vous étiez au tribunal pour association de malfaiteurs savoir cette semaine

1. Fichtre, la note de la France rétrogradée par Fitch

Fitch a décidé de descendre la France d’un cran, de AA- à A+. Officiellement parce que notre dette gonfle plus vite que la liste des opposants russes suicidés d’une balle dans le dos. Officieusement parce qu’on n’arrive plus à réformer sans bloquer les raffineries et tout ce qui se bloque. Résultat : on n’est plus des “très bons” mais de simples “bons”, et pour la première fois depuis 15 ans, nos taux d’emprunt ont brièvement dépassé ceux de l’Italie. Et ça, ça fait mal. Pas de panique pour autant : on continue de servir un taux moyen autour de 2 %, même s’il grimpe inexorablement au fur et à mesure qu’on rembourse nos dettes d’avant-Covid. À ce rythme, la boule de neige budgétaire va finir en avalanche fiscale et les marges de manœuvre en gravier sous bulldozer. Au fond, et si le vrai ennemi n’était pas la finance, mais nos profs de finances ?

Pour se transformer en véritable Mozart de la finance, lisez cet article d’Hexagone, la newsletter d’Étienne Rabotin et Ghislain Lunven

2. L’IA vient d’inventer le job de correcteur d’IA

Futur radieux. On nous avait promis l’IA comme stagiaire génial, bosseur et pas payé. Résultat : c’est plutôt l’alternant sous Rivotril qui pond des slides moches et des textes lunaires qu’on doit refaire derrière. Ça porte même un nom : le workslop. Selon Stanford, 40 % des employés en ont déjà reçu ce mois-ci : des livrables générés par IA qui semblent corrects, sauf qu’il faut tout corriger, tout réécrire, tout nettoyer. Bref, un nouveau métier est né : AI slop cleaner. Certains diront que ça ne change pas grand-chose par rapport à un stagiaire incompétent, sauf qu’au moins, avec l’IA, pas besoin de lui payer un ticket resto. 

Si vous désirez devenir Ai slop cleaner (et on vous comprend), Tech Trash vous en dit plus, et mieux

3. Les ados nouveaux actionnaires majoritaires des fakes news

Une étude du Laboratoire de psychologie du développement et de l’éducation de l’enfant (LaPsyDÉ) a testé 432 collégiens (11-14 ans) sur leur capacité à flairer les intox. Surprise ? Non, moins d’1 sur 4 réussit le test cognitif de base (chez les adultes, c’est 1 sur 2, pas de quoi bomber le torse). À 11 ans, la frontière entre une fake news et une info réelle est aussi floue qu’un selfie pris dans un bar à chicha. Pire : l’« effet de vérité illusoire » frappe de plein fouet, rendant une info vue deux fois plus crédible qu’une vérité neuve. Bref, à l’âge où 63 % des gamins sont déjà sur les réseaux, leur cerveau en pleine construction les transforme en incubateurs rêvés pour la désinformation. Les chercheurs préconisent donc d’expliquer les algos et les biais cognitifs avant TikTok plutôt qu’après. En clair : soit on leur apprend le doute raisonnable à la Descartes, soit on fabrique une génération persuadée que la Terre est plate parce qu’elle l’a lue trois fois.

Vous avez fait de la vérité votre principale quête de vie, la newsletter “C’est vrai ça ?” est faite pour vous (c’est vrai)

Tout le monde en parle : la taxe Zucman Dembélé

C’est devenu le marronnier fiscal de la rentrée : faut-il ponctionner les ultra-riches de 2 % de leur patrimoine au-delà de 100 millions d’euros ? Entre débats télé, tribunes en rafale et sondages triomphants, la taxe Zucman a réussi l’exploit de transformer l’économie en sujet de bistrot. Heureusement, des personnes sérieuses en parlent aussi et “oh magie”, elles sont sur Kessel.

Tout d’abord, pour Filite, la taxe Zucman est un gadget fiscal : 25 milliards de plus, une rustine sur un État qui claque 1 800 milliards par an sans jamais réformer. C’est pas faux mais on vous laisse vous faire un avis en lisant l’analyse de Jérome Vialla.

Pour Matthieu Stefani, inutile de tergiverser : la taxe arrivera de manière certaine. À partir de là, deux questions. Quand ? À quel taux ? Et jusqu’où l’appétit fiscal descendra ? Trois questions, donc en fait, mais on vous laisse évidemment vous faire un avis avec un début de réflexion à retrouver sur Génération Do It Yourself.

Concernant Laurent Joffrin, les pleurnicheries sur “la souffrance des milliardaires” sont indécentes : l’effort doit être partagé, surtout quand les ultras se gavent. C’est pas faux non plus. Mais on vous laisse toujours vous faire un avis avec cet éditorial extrait du Journal.

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La gamberge de la semaine

C’est si grave que ça d’attendre dès 2h du matin pour boire du matcha ?

par Mélissa Chevreuil

J’étais obligée d’en parler : la folie autour du pop up Milia Matcha, marque de thé lancée par Andie Ella. J’avais suivi les préparatifs de loin, ainsi que “la tournée pop up” à Séoul puis Tokyo, mais j’étais loin d’imaginer la foule que le moment allait convoquer. Sur TikTok, une kyrielle d’abonnés partagent leur épopée commencée à minuit car l’idée était d’arriver devant leur terre de pèlerinage dès 8h du matin, parfois 5h, voire même 2h. L’objectif ? Goûter les boissons inédites, voir le pop up de leurs propres yeux, rencontrer Andie, obviously, et être parmi les cent premiers de la file pour ainsi obtenir un précieux graal qui laisse parfois pantois (le premier jour, des pinces Dyson et un produit coiffant, le tout d’une valeur de 70 euros more or less).

Beaucoup de choses ont déjà été dites et redites sur l’euphorie du moment et les problèmes qu’il engendre dans un second temps, notamment par mon amie et consœur des réseaux NiemesiaLa critique capitaliste et la façon dont le matcha est désormais utilisé en produit Insta-friendly et coupé de ses racines et de son histoire asiatique (car il s’agit d’un produit chinois avant d’être japonais) est évidemment à étudier, et ça ne vaut évidemment pas que pour Milia Matcha. D’autres marques françaises, à l’instar d’Anatae ou Noka, peuvent peut-être aussi être analysées. Mais ici, plutôt que d’affirmer quelque chose de catégorique, j’ai envie d’être plus nuancée et d’apporter quelques pistes de réflexion, car c’est aussi le rôle de cette newsletter qui n’est pas qu’un rendez-vous entre chipies.

Pour en savoir plus et répondre à cette question à 2 milliards d’euros, lisez la suite de l’article sur la newsletter Toujours kawainé toujours cute

Pendant qu’on y est, on se ferait pas une petit randonue en comptant les pétaoctets?

Pour découvrir de quoi il en retourne (sans aucune allusion), lisez cette superbe édition de la non moins superbe newsletter AZERTY d’Anne Debrienne et apprenez tout ce qu’il y a à apprendre sur à peu près tous les mots du dictionnaire et leur application dans la vie réelle. Promis, vous en sortirez la tête haute.

La recommandation qu’il vous fallait : recevoir des recommandations chaque semaine

Vous scrollez trop, vous tombez sur n’importe quoi et vous finissez à binge-watcher des threads LinkedIn sur “comment réussir sa morning routine” ? Respirez. Chaque samedi, la newsletter Les Recos du Samedi vient faire le tri : du docu sur la chute de VICE au podcast avec Gordon Ramsay, en passant par un Animal Crossing dopé à l’IA où même les villageois se lancent en manif. Garanti 0% bullshit, 0% réchauffé, 0% gluten et 100% pour tous les goûts et de quoi nourrir votre cerveau avant qu’il ne fonde sous les notifs.

Pour recevoir des recommandations culturelles de qualité dosée chaque semaine, chaque samedi, même, retrouvez “Les Recos du Samedi” de Quentin-Mathéo Pihour.

À lire avant un brainstorming créatif. Ou un closing.

À hyper vite dans HyperTextes.

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