Cette semaine, on vous raconte pourquoi vos mythes LinkedIn sont bidons, pourquoi votre appart va se transformer en hammam et pourquoi glander n’a jamais été aussi nécessaire. Lisez jusqu’à la fin pour découvrir pourquoi perdre son temps est parfois votre meilleur investissement business. À dans quatre minutes ! 👀
via Snooze
On nous a vendu la fable du génie en hoodie, seul contre tous, qui transforme son trauma d’enfance en licorne. Une success story calibrée : né pauvre (mais pas trop), fêlé (mais fonctionnel), rebelle (mais bankable). De Jobs à Musk, tous ont récité la même pièce. Problème : derrière le storytelling, il y a l’État qui finance, les brevets publics qu’on « réinvente » , les incubateurs d’élite et des réseaux très privés plus denses qu’un câblage fibre.
Dans ce récit très confortable pour eux, et pour nous, qui aimons croire qu’il suffit de « croire en soi », on oublie que l’iPhone d’Apple, le GPS, Starlink et jusqu’à la Silicon Valley elle-même, doivent plus aux budgets militaires et universitaires qu’à une étincelle divine au fond d’un garage.
On ne va pas mépriser l’audace ou nier la créativité pour autant, il en faut pour grimper. Mais plutôt pour rappeler que même les « self-made » doivent beaucoup aux autres et que les mythes d’entrepreneurs visionnaires font de mauvais manuels d’économie.
1. Duplomb dans l’aile des abeilles (et pas que)
Adoptée le 8 juillet, la loi Duplomb prétend sauver les agriculteurs mais risque surtout de flinguer la santé publique. Derrière ses « impasses techniques » et ses « simplifications », elle prévoit la réintroduction d’insecticides interdits depuis 2020, comme l’acétamipride, accusé d’être neurotoxique et cancérogène. Médecins, associations et chercheurs hurlent déjà que ça va ruisseler sur tout le monde : cancers, maladies neurodégénératives, troubles du développement… Et pas besoin d’habiter une ferme pour en subir les effets : enfants, femmes enceintes, riverains, tous au même régime. En prime, aucune évaluation sanitaire indépendante n’est prévue. Et dans les campagnes, où l’accès aux soins est déjà une épopée, on vous laisse imaginer la suite. Heureusement, 5 milliards d’euros d’économies sur la Santé sont prévues dès l’année prochaine 👌
Les détails de cette histoire qui s’annonce bien belle sont à retrouver ici.
2. Si vous avez chaud, refaites votre maison
La France entière se transforme en four à convection et nos logements en petites chambres de torture thermiques : glacés l’hiver, étouffants l’été, vaguement insalubres toute l’année. D’après l’ADEME, on sera 90 % à cuire régulièrement d’ici 2100, et dès 2050, Paris aura des airs de Riyad avec en prime des loyers d’Abu Dhabi. Alors on rêve de clim’, c’est bien la clim, non ? Apparemment, pas tant que ça, parce que la clim coûte, pollue et chauffe encore plus les villes. Le fameux serpent qui se mange la queue. En clair, pour éviter que les précaires fondent dans leurs HLM pendant que les classes moyennes installeront des climatiseurs à crédit pour asphyxier tout le monde dans une ambiance de frigo sous perfusion nucléaire, il faut des solutions alternatives et ça passe par repenser l’habitat. Avec quel argent, on ne sait pas, mais il fallait qu’on vous le dise.
3. Le climat woke, c’est fini
Vous pensiez que la clim était la pire réponse aux canicules ? Attendez de voir l’extrême droite aux manettes sur les objectifs climatiques européens parce que ça arrive à vitesse grand V. Pour la première fois, un eurodéputé des Patriotes pour l’Europe mènera les négos sur la trajectoire carbone de l’UE pour 2040. Officiellement, il ne pourra pas tout saboter (bien sûr) mais son pouvoir de nuisance est inédit. En coulisses, le PPE (la droite) a « oublié » de contrer sa nomination, et tout le monde joue la surprise. Résultat : les mecs qui détestent le Pacte vert héritent de son pilotage. Une façon originale de rafraîchir l’atmosphère en laissant passer un courant d’air glacial sous la porte. Pour aller plus loin, ça se passe dans What’s up EU.
Sommes-nous réellement ouverts à changer d’avis ?
via Brained
“Soyons francs : remettre en cause nos propres idées, ce n'est pas toujours facile ni confortable. Nous préférons souvent défendre nos convictions comme un château fort assiégé, plutôt que d'accepter de revoir notre copie. Pourtant, si l'on s'intéresse aux personnes qui réussissent à progresser continuellement dans leur parcours professionnel comme personnel, une capacité clé ressort toujours : la réceptivité. En clair, savoir être ouvert à la critique, au doute et, pourquoi pas, au changement radical de perspective.
Mais comment cultiver concrètement cette réceptivité ? Pourquoi avons-nous tendance à nous arc-bouter sur nos positions, parfois jusqu'à l'absurde ? Et quels bénéfices réels pouvons-nous en tirer ?
Commençons par une scène familière. Imaginez-vous en réunion, en pleine présentation d’un projet sur lequel vous avez longuement travaillé. Tout à coup, une collègue exprime une remarque critique pertinente, qui remet frontalement une partie de votre raisonnement en question. Quelle est souvent votre réaction spontanée ? Probablement, une légère crispation, un réflexe de justification rapide, voire peut-être même une certaine vexation intérieure.
C’est normal. Nos idées, notre travail, sont très fortement associés à notre identité personnelle. Remettre en cause une opinion n’est jamais seulement intellectuel : c’est souvent ressenti comme une petite attaque intime. Ce phénomène s’appelle en psychologie la "dissonance cognitive" – cet inconfort psychologique éprouvé lorsqu'une croyance bien ancrée est contredite par les faits ou une perspective différente. Notre cerveau tente alors tout naturellement de réduire ce malaise en rejetant ou minimisant la contradiction.”
Pour aller plus loin et peut-être changer d’avis, lisez donc cette analyse.
On nous avait promis qu’il fallait croire en soi, monter des startups, sauver la planète à coups de compost et rester ouverts à la critique avec un sourire LinkedIn-compatible. Résultat : on court, on optimise, on sue dans des appartements-saunas pendant que des eurodéputés climatosceptiques bricolent le thermostat mondial.
Il fut un temps où glander avait un sens. On fumait (c’est mal) sur des canapés, on rigolait comme des imbéciles, on passait des après-midi entiers à commenter pour la troisième fois le même épisode de série. Aujourd’hui, la moindre pause doit servir, régénérer, nourrir LinkedIn ou le compte Instagram du bien-être. Même les amitiés se sont transformées en supervisions collectives où tout le monde se confie comme si on était à la cellule de crise du FMI.
Bref, voici un texte qui raconte la nostalgie d’une rébellion molle contre la frénésie contemporaine : quand perdre son temps était une activité et pas un échec à justifier. On y lit la honte d’avoir besoin de silence, le désir d’une solitude choisie plutôt que d’une fatigue imposée et la tentative de s’autoriser, enfin, une lenteur molle.
À lire avant de caler votre prochaine session de « me-time » sur Google Calendar.
On vous a bien dressés. À croire qu’être un bon dirigeant ou un adulte responsable, c’est refuser les congés, répondre aux mails dans l’avion, faire croire que la fatigue est une vertu et que la mer, c’est pour les autres. On vous a persuadé que partir, c’était trahir, et que rester, c’était prouver.
Or, ce papier de Punchline le rappelle sèchement : les vacances ne sont pas un caprice ni un privilège, mais un devoir. Pour ne pas finir cassé, pour ne pas pourrir l’ambiance, pour ne pas saboter votre propre boîte. Et accessoirement pour redevenir un être vaguement fréquentable pour vos proches.
Vous cherchez une piqûre de rappel, un argumentaire brutal mais salutaire pour enfin débrancher sans demander pardon ? Vous trouverez ici tout ce qu’il faut pour arrêter de jouer au martyr du bureau et apprendre à disparaître un moment sans que le monde s’écroule.
Et quitte à se faire tabasser par l’austérité à venir, autant le faire avec une bière fraîche en regardant l’océan.
À lire avant de claquer la porte du bureau et d’aller enfin vivre.
À hyper vite dans HyperTextes.