Cette semaine, on vous parle du business model de votre attention, de banquiers dopés à l’IA, de méritocratie et évidemment de Trump qui facture la paix. Lisez jusqu’à la fin pour vous offrir un trésor suisse ainsi qu'un détour marseillais où tout se recycle, même vos regrets.
Le monde ne vous abrutit pas par accident. Il le fait à dessein.
Temps d’attention en berne, empathie et QI collectif en chute libre : non, ce n’est pas juste la faute à “votre manque de volonté”. C’est un business model dopé aux écrans, à l’IA générative, au multitâche, aux notifications… Pour faire simple (mais pas complotiste), tout est pensé pour grignoter votre cerveau, seconde après seconde, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que du bruit et des gestes réflexes et ainsi transformer chaque seconde de votre vie en un flux monétisable.
Le truc rassurant, c’est qu’on croyait que le problème venait de nous, qu’il s’agissait d’un problème de volonté ou un vulgaire manque de focus mais rassurez-vous, ce n’est pas (que) le cas. C’est le monde qui nous distrait avec méthode et derrière les pixels, une industrie florissante qui vampirise nos cerveaux, brouille nos liens sociaux et nous enferme dans une caverne dopaminée. L’humanité, version scroll infini, en gros.
L’enquête sur la lente zombification de nos cerveaux est à lire ici. À condition de tenir plus de deux minutes sans changer d’onglet.
1. Votre banquier sera boosté à ChatGPT
Goldman Sachs (l’une des plus grandes banques du monde) vient de déployer un assistant IA pour aider ses 46 500 employés à tout faire plus vite : résumer des documents, trier des données, écrire des mails. Et devinez quoi ? Ça marche. Testé par 10 000 personnes, l’outil va maintenant s’imposer partout pour automatiser les tâches chronophages afin de libérer du temps (et pas mal d’argent, hein). Rassurez-vous, il n’est pas (encore) question de virer tout le monde, mais c’est vrai que toutes les grandes banques suivent : Morgan Stanley, Citi, J.P. Morgan… Bref, l’automatisation, c’est pour tout le monde, même pour les costards trois-pièces de Wall Street et bientôt, ce n’est pas juste votre banquier qui ne vous rappellera pas, mais son robot.
2. Trump vous protège (seulement si vous payez)
C’est officiel : Trump a eu ce qu’il voulait. À La Haye, 30 pays de l’OTAN (sauf les États-Unis et l’Espagne) se sont engagés à claquer jusqu’à 5% de leur PIB dans la défense d’ici 2035. En échange, Trump promet que l’Amérique ne les lâchera pas (tout de suite). Sauf qu’on sait tous que miser sur Trump pour tenir parole, c’est comme signer une assurance incendie avec un pyromane. Quoi qu’il en soit (coûte?), certains pays peinent déjà à suivre. Ainsi, pendant que l’Allemagne muscle son budget militaire, l’Espagne obtient une dérogation et tout le monde fait globalement semblant de croire que les 5% sont atteignables. Résultat : on s’endette, on s’aligne… et on croise les doigts que Trump n’ait pas envie de tout faire sauter demain matin (pas le genre de la maison).
Pour plus de détails et savoir à quelle sauce béarnaise l’Europe va être mangée, nous vous recommandons de lire ceci.
3. Dette publique : l’addition sucrée salée épicée
3 345,8 milliards d’euros. C’est le nouveau record de la dette française. Soit près de 48 800 € par citoyen, bébés compris. En trois mois, l’État a emprunté l’équivalent du budget annuel de l’Éducation nationale. Un chiffre qui ferait pâlir un comptable et sourire un trader, mais qui place la France sur le podium des pays les plus endettés d’Europe. Pendant ce temps, les agences de notation affûtent déjà leurs couteaux. Mais peut-être que les marchés ne s’en rendront pas compte, qui sait ?
Quoi qu’il en soit (coûte, oui….) : cocorico !
Et sinon, vous le saviez, vous, que la France produit moins de 2/3 du volume d’heures travaillées par habitant comparé à ses voisins anglo-saxons ? Maintenant oui, et vous comprendrez tout en lisant Economix.
© Suisse Tourisme - Tourisme neuchâtelois
Une carte, mille façons de vivre Neuchâtel
On a trouvé une carte qui ne mène pas à un seul trésor, mais à une quarantaine : la Neuchâtel Tourist Card.
Offerte à tous les visiteurs dès une nuit dans la région, elle transforme un week-end en échappée dense et surprenante. Balades en forêts du Val-de-Travers, dégustation d’absinthe là où elle est née, Musée International d’Horlogerie à La Chaux-de-Fonds, funiculaire avec vue, croisière sur le lac ou musée d’histoire naturelle en ville de Neuchâtel. Près de 40 activités sont incluses ou proposées à prix doux ! Et tous les trajets en transports publics sont offerts dans le canton.
Neuchâtel, c’est la Suisse version slow, locale, élégante. Et la Neuchâtel Tourist Card, c’est votre accompagnatrice parfaite pour un break sans voiture, sans prise de tête et sans frais supplémentaires.
“Depuis ses origines, la méritocratie sert à justifier la hiérarchie sociale. Elle repose sur une idée simple : si tu veux, tu peux. Autrement dit : si tu ne peux pas, c’est que tu ne veux pas (pas assez du moins).
Pourtant, le problème n’est pas de croire en soi. C’est de faire croire que ça suffit. Le capital symbolique, l'accès aux réseaux, le soutien familial, l’absence de violences ou de stigmatisation ne sont jamais évoqués.
Le récit de soi est dépolitisé.
L’effort est glorifié, mais les conditions de possibilité sont passées sous silence. Cette logique dépasse largement les discours virils : on la retrouve aussi dans le féminisme néolibéral, version girlboss. “Tu peux tout faire si tu y crois assez fort.”
Sauf que croire en soi ne garantit ni un prêt bancaire, ni une sécurité reproductive, ni un espace de parole crédible quand on vient d’un quartier populaire, qu’on est racisé·e ou qu’on appartient à une minorité LGBTQIA+.
Ce discours flatte les gagnant·es et culpabilise les autres. Il fait du succès une preuve morale. Et de l’échec, un défaut personnel.”
Pour la tribune complète, qui dénonce, qui rassure peut-être, suivez ce lien bleu souligné que vous êtes en train de lire là, maintenant.
C’est en tout cas le pari d’un architecte italien, qui a conçu une tour en bambou capable de condenser l’humidité de l’air pour produire jusqu’à 100 litres d’eau potable par jour, sans pompe ni électricité. Déployée en Afrique et au Brésil, cette invention low-tech utilise des matériaux locaux et pourrait offrir une alternative décisive dans les zones frappées par la sécheresse. Quand la solution vient de l’air, pas besoin de creuser plus profond.
Enfin une bonne nouvelle, qui n’est liée à aucune machine et aucun algorithme.
Si vous voulez une pluie d’autres good news et égayer votre journée : cliquez donc sur ce lien bleu.
Vous avez envie d’un été qui recycle vos remords ?
À Marseille, on ne jette plus, on transfigure. Coquillages en bijoux mystiques, bouteilles échouées en vaisselle chic, fleurs fanées en compositions habitées. Ici, la seconde vie est un art de vivre, et les créateurs un brin sorciers. Maison Mönik, Flowery Feeling, Mio Palmo, Eccho, Atelier Regain, Bugne… autant de raisons de croire que l’avenir a meilleur goût quand il est fait main.
Voyez donc à quel point ces pièces sont magnifiques.
Et sinon, est-ce qu’un latte à 7 € vous conviendrait pour pleurer sur l’inflation avec élégance ?
Face au Bon Marché, le Comptoir du Ritz propose un éclair au café tiré au cordeau et un cake marbré si parfait qu’il mérite sa propre séance photo. Oui, c’est premium, mais dans ce temple du chic sucré, on ne goûte pas, on médite. C’est en tout cas de belles recommandations signées Philou Darblay, qui nous gâte avec tout plein de divines adresses à essayer au moins une fois dans la vie. Nous n’avons pas tout essayé, mais savoir qu’elles existent nous permet déjà d’aller beaucoup mieux.
À hyper vite dans HyperTextes.