🔗 Révolution, Livret A et Chiens obèses

Cette semaine, on vous raconte pourquoi la révolution n'est pas encore pour maintenant, que l'Europe sort encore le chéquier, que Trump risque de nous la mettre à l'envers et que les Trente Glorieuses, c'est plus ce que c'était. Lisez jusqu’à la fin pour découvrir pourquoi les chiens anglais sont obèses. À dans quatre minutes ! 👀

🔗 HyperTextes
5 min ⋅ 12/09/2025

La révolution de septembre a fait une pause café

via LeJournal.info

Le pays gronde, soupire, se contracte, mais ne rompt pas. Tout le monde râle, personne ne se lève. Macron plafonne dans les sondages, les classes moyennes se sentent sacrifiées, les services publics s’effondrent… et pourtant, rien ne prend. Pas de soulèvement, pas d’étincelle.

La raison ? Pas l’absence de colère — elle est partout. Mais l’absence d’organisation, de débouché, de cause commune. Chacun rumine dans son coin, avec sa propre angoisse : la précarité, l’école, le climat, la santé, l’identité. Et ça s’empile. Sans jamais se relier.

Résultat : une société prête à exploser, mais qui s’est habituée à imploser en silence. Parce qu’il n’y a plus de syndicats solides, plus de partis capables de rassembler, plus de figures crédibles pour canaliser la rage. Juste des déceptions, des sondages et des coups de pression.

Un cocktail parfait pour que rien ne se passe. Et que tout empire.

Lire la chronique de Laurent Joffrin ici, elle en dit long.

3 choses à ne pas faire tomber dans l’oreille d’un sourd savoir cette semaine

1. Vous détestez vous enrichir ? Optez pour le Livret A (sec)

C’est officiel : le placement préféré des Français va bientôt rapporter moins que la carte de fidélité du Franprix. Le taux du Livret A devrait tomber à 1,5 % en février 2026, soit 29 € par mois pour un livret plein à craquer. De quoi s’offrir un demi brunch tiède dans le Marais, sans boisson. Pourquoi ? Parce que l’inflation s’éteint, la BCE baisse les taux, et la formule du Livret A suit la pente, en toute obéissance. Et où va tout cet argent ? Dans la Caisse des Dépôts : un peu pour le logement social, un peu pour les marchés, un peu pour le nucléaire. Le tout estampillé « transition écologique », évidemment.

Bref, un placement qui ne rapporte plus rien, mais finance tout le reste.

Les détails à ressortir à Titouan lors de votre poulet frites familial de ce dimanche sont à retrouver dans Economix, la newsletter de Laurent Cosmos

2. Défense européenne : Ursula sort le chéquier (les États comptent les centimes)

L’Europe rêve d’une défense crédible, mais son arsenal ressemble encore à une armoire “Maisons du Monde” sans notice lisible. Il manque des missiles, des drones et même du carburant en vol. Ursula von der Leyen a donc sorti SAFE, une enveloppe de 150 milliards pour pousser les États à acheter ensemble et produire européen. Mais il en faudrait le double chaque année pour rattraper l’OTAN. Problème n°2 : Berlin, Paris ou Varsovie préfèrent protéger leurs champions nationaux… ou acheter américain pour amadouer Trump. Résultat : l’UE affiche ses ambitions stratégiques, mais reste coincée en mode financement participatif.

Pour tout comprendre de la très incompréhensible Union Européenne, c’est sur What’s Up EU

3. Google va devoir payer à la caisse (mais nous aussi donc ça va)

Ça, c’est fait. Bruxelles a osé coller près de 3 milliards d’amende à Google pour abus de position dominante, histoire de prouver qu’elle sait encore lever le menton face à Donald Trump. Problème : l’occupant orange de la Maison-Blanche remet sur la table sanctions douanières, rappelant que le deal transatlantique signé en Écosse en juillet ressemble plus à une capitulation qu’à un partenariat équilibré. En fait, soyons très clairs, l’UE reste pieds et poings liés car elle est : 1. dépendante militairement de Washington, 2. prudente face aux géants de la tech et 3. empêtrée dans ses propres procédures. L’affaire dit surtout ceci : Trump est du bon côté du manche et Bruxelles peut désobéir un instant, mais la vraie question est de savoir combien de temps avant que Donald reprenne la main, et la facture.

Bref, un beau bordel à venir (mais on a l’habitude), déchiffré pour vous par Blocs

L’épine dans le pied de la semaine : l’IA pique le job des juniors

On ne s’y attendait pas du tout (si).

via Hupster

On nous l’avait vendue comme une assistante sympa, qui prend des notes et envoie des mails pendant qu’on brainstorme au café. Résultat : l’IA devient surtout experte en plan social. Marc Benioff (Salesforce) avait juré que l’IA ne tuerait pas l’emploi, il en fait désormais son arme de rationalisation massive, supprimant 4 000 postes de service client remplacés par des bots polis mais sans congés payés. Microsoft, Meta, Google, Klarna… la liste des coupeurs de têtes s’allonge chaque jour. Et la première victime, c’est la chair fraîche : les jeunes diplômés, ceux qu’on pensait plus agiles que la machine, voient leurs postes fondre de 16 % aux États-Unis. Ironie de l’histoire : leur défaut est d’avoir, comme l’IA, plus de théorie que de pratique. L’Europe, elle, se rassure avec un baromètre PWC qui compte les offres d’emploi IA. On en est là. Mais pendant ce temps, l’OCDE rappelle que 27 % des jobs français sont automatisables d’ici 2030, un peu comme un changement de Premier Ministre tous les 6 mois. On appelle ça un futur radieux, sauf pour ceux qui comptaient entrer sur le marché du travail.

Un article à lire pour dire que le travail, c’était mieux avant (rapport au fait qu’il y en avait)

La gamberge de la semaine

Et si les Trente Glorieuses ne l’étaient pas tant que ça ?

via Snooze

Des ruines de la Grande Dépression et de la Seconde Guerre mondiale est née l'idée du PIB : la mesure ultime du bien-être général d'un pays, la statistique qui surpasse toutes les autres.

PIB par habitant, classement par PIB, taux de croissance du PIB, points de PIB… Son utilisation s'est rapidement répandue pour devenir un critère de bonne santé d’un pays et de bien-être de ses habitants.

Mais pour alimenter une croissance forte, il faut produire beaucoup. Et pour être capable de produire beaucoup, il faut pouvoir vendre beaucoup.

C’est le début de la consommation de masse.

En 1954, 8% des ménages ont une machine à laver, 7% un réfrigérateur et 1% une télévision, en 1975 ils sont respectivement 69%, 88% et 83% !

Des hypermarchés poussent un peu partout sur le territoire et le marketing invente une flopée de nouveaux produits auxquels personne n’avait jamais pensé :

À raison d’un pot par jour, un an n’aurait pas suffi à essayer toutes les sortes de yaourts et de desserts lactés. Il y avait des dépilatoires différents pour les aisselles masculines et féminines, des protège-strings, des lingettes, des « recettes créatives » et des « petites bouchées rôties » pour les chats, divisés en chats adultes, jeunes, seniors, d’appartement. Rien du corps humain, de ses fonctions, n’échappait à la prévoyance des industriels. 
Annie Ernaux, Les années (2008)

C’est pendant les 30 glorieuses que la croissance économique est devenue un paradigme, un objectif jugé désirable, nécessaire et sans limite.

L’un des rares objectifs de société remis en question ni par le bloc communiste, ni par le bloc capitaliste, et qui a pu s’installer dans les esprits du monde entier comme une vérité immuable.

Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, nous vivons avec l’idée qu’il peut exister différentes idées politiques, différents système économiques, différents modèles de société mais qu’une chose est indiscutable : l’objectif, c’est la croissance du PIB.”

Si vous croyez encore que les Trente Glorieuses étaient un paradis perdu, lisez l’article : vous découvrirez que c’était surtout le début de notre longue descente climatisée vers le vide.

Et sinon, le saviez-tu ? 50% des chiens anglais sont obèses

Nos “amis” britanniques n’ont pas seulement inventé le pudding et Elton John, ils ont aussi créé l’obésité canine de luxe. Menus dégustation pour chiens dans les pubs, “dog bowls” façon poké mais pour croquettes, et apéros au biscuit de saumon : tout y est, sauf la dignité. Résultat logique : 56 % des toutous anglais sont désormais trop gras pour courir derrière un ballon. L’industrie vétérinaire, jamais en reste, songe déjà à leur prescrire du Wegovy, le même médicament que les influenceuses s’injectent pour rentrer dans un 36. Pendant ce temps, en France, on est encore à la traîne : nos chiens sont seulement un sur trois à traîner du bide. Allez, encore un effort pour définitivement transformer Médor en coussin Ikea. Ou pas du tout.

À lire si vous souhaitez savoir ce qu’il ne faut absolument pas faire avec votre chien, c’est Lucile Woodward qui nous en parle

La recommandation qu’il vous fallait : lire des chroniques sur les mondes virtuels

Parce qu’il n’y a pas que la réalité qui fout le camp, la littérature déraille désormais vers des univers parallèles, jeux vidéo, métavers, intelligence artificielle, comme d’autant de symptômes d’un monde qui cherche désespérément une issue de secours. Derrière les pixels et les algorithmes, ce n’est pas tant l’avenir qu’on scrute que nos angoisses les plus actuelles : solitude, addiction, effacement des repères. Lire ces fictions, c’est se confronter à une vérité simple et glaciale : ce qu’on appelle “virtuel” ne fait que révéler l’état déjà délabré du réel.

Incipit vous livre une sélection d’œuvres à lire pour se dire qu’on est pas si mal sur terre, ou pas, c’est selon les goûts et les couleurs.

À hyper vite dans HyperTextes.

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Par Kessel -

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