🔗 Patrick Sébastien, Venezuela et Shein

Cette semaine, on vous raconte comment Patrick Sébastien ambitionne de braquer l'opinion française mais aussi des dernières folies de Donald Trump aka "Ze Diplomate" ainsi que des tontons racistes qui ont bon dos. Lisez jusqu’à la fin pour connaître votre avenir. À dans cinq minutes ! 👀

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7 min ⋅ 10/01/2026

Patrick Sebastien va-t-il faire tourner la démocratie ?

via Raphaël LLorca

On aurait pu en rire. On aurait dû, d’ailleurs. Sauf que voilà : celui qu’on n’attendait (heureusement) pas, Patrick Sébastien, imprime ses mails, empile ses classeurs, se dit “coach contre les peurs” et vise, sans le dire, le trône républicain. Evidemment, dit comme ça, on pourrait penser l’acte dérisoire mais ce serait mal analyser le petit bonhomme (en mousse) de chemin qu’est en train de réaliser l’ancien roi du cabaret.

Avec son mouvement “Ça suffit”, l’ancien amuseur du samedi soir bricole un truc hybride, entre programme de démocratie participative rédigé en Comic Sans et stratégie de captation des affects. En façade : la voix du “peuple” contre les “élites”. En coulisse : un subtil glissement de la figure du bouffon vers celle du prophète populiste.

Et niveau ingrédient, tout y est : la nostalgie bon enfant qui sent bon la naphtaline, la sacralisation de la parole brute parce que “brute”, le recyclage de la gauloiserie comme arme politique et ce qu’on pourrait appeler un “réalisme populiste” où ce qui est dit “d’en bas” devient parole d’Évangile, même quand ça flirte avec les dingueries complotistes. Le tout emballé dans une mise en scène artisanale, à grands coups de photocopies, de chansons paillardes et de punchlines en sabots qui sentent bon la saucisse tiède.

Sébastien ne veut pas le pouvoir, juré-craché. Il veut juste “faire passer des messages”. Comprendre : influencer, cadrer, simplifier le réel jusqu’à ce qu’il tienne dans un refrain. Il se rêve porte-voix d’une France invisible. Il fabrique surtout une France monolithique, unanime, qui pense en bloc, chante à l’unisson et considère la nuance comme une trahison d’intello.

Derrière les serviettes qui tournent, il y a une vision du monde très sérieuse qui avance en claquettes. La vraie question n’est donc pas de savoir s’il sera candidat. La vraie question, c’est de savoir si, pendant qu’on riait jaune, on n’a pas laissé s’installer un télévangéliste du ressentiment. Et si, pour une fois, la blague n’était pas en train de nous passer au-dessus de la tête. À tort.

C’est le constat très lucide et documenté que pose Raphaël LLorca dans sa newsletter “Lire les barbares” que nous vous recommandons de lire avec le plus grand sérieux.

3 choses qui laissent entrevoir une bonne année 2026 à savoir cette semaine

1. Trump veut libérer l’Amérique du Sud (à coup de missiles) et racheter le Groënland

Les semaines made in South Park s’enchaîne. Le Venezuela attaqué, Maduro kidnappé, 100 morts au compteur et Trump qui enchaîne son all in : Cuba va “s’écrouler toute seule”, la Colombie est dirigée par “un taré accro à la coke” et le Mexique ferait bien d’ouvrir la porte à l’armée US. Dans la foulée, il remet une pièce dans la machine à rêves en réclamant le Groenland pour des raisons de sécurité intérieure, comme à l’époque où il voulait se faire un Monopoly grandeur nature. Derrière le barnum, un vieux rêve américain ressurgit : remettre la main sur l’hémisphère ouest, à la sauce doctrine Monroe 2.0, pardon, “Donroe” dans la version Trump, où l’Amérique latine est une extension naturelle du jardin de la Maison-Blanche.

Ce qui est en jeu : le pétrole vénézuélien (mais non ?), la pression migratoire, l’obsession sécuritaire, et une envie de montrer les muscles face à une ONU impuissante. En gros, Trump ressort les codes d’un impérialisme à l’ancienne, version tongs et serviettes, qui pourrait bien reconfigurer toute la région. Parce que non, ce n’est pas juste un coup de com’ de plus, c’est une logique, brutale et qui avance

Pour plus de décryptages qui décryptent, lisez la quotidienne d’HugoDécrypte

2. Meta rachète une pépite chinoise, ni vu, ni vu

Le champagne à peine débouché, Meta s’est offert un joli cadeau de fin d’année : Manus AI, une startup chinoise qui construit des sites web toute seule comme une grande, sans humain ni café. Coût de l’opération : entre 2 et 3 milliards de dollars. Mais attention, pas question de garder le made in China sous le capot. Première décision de Zuckerberg : couper tous les ponts avec les investisseurs chinois, et vite. Pourquoi cette propreté soudaine ? Parce qu’à Washington, on appelle ça du “Singapour washing” : des boîtes chinoises qui posent leurs valises à Singapour pour attirer les dollars américains, tout en gardant un petit pied à Pékin. TikTok l’a fait. Tabcut aussi. Et Manus ? Pareil. Sauf que cette fois, Meta a claqué la porte derrière eux et tiré les rideaux. Résultat : plus une trace de Tencent dans les comptes, plus une ligne de code suspecte. Derrière le deal, un message limpide : dans la guerre techno sino-américaine, l’heure n’est plus à la nuance. C’est l’époque du “clean cut” : tu veux bosser avec les Américains, tu renies tes racines, point. Côté chinois, on fait mine de ne pas trop s’énerver, mais en coulisses, on parle déjà de riposte. On imagine mal Pékin rester les bras croisés pendant que la Silicon Valley siphonne ses cerveaux à coups de milliards. Bienvenue dans l’ère de la nationalisation privée des talents : tu vaux cher, on t’achète, on te nettoie, et tu deviens patriote, sous conditions bien sûr.

La tech version hallu, c’est sur Halluworld que ça se passe (et rien ne nous étonne)

3. Shein is back !

Suspendue fin 2025 pour avoir laissé passer un best of de l’illégal (drogues, armes de catégorie A et, pire, poupées pédopornographiques) la plateforme Shein revient en France avec un grand sourire et quelques “bonnes résolutions”. Les vendeurs tiers à l’origine de ces horreurs ? De nouveau en ligne depuis le 7 janvier, cette fois pour vendre des bougies, des rideaux et des perceuses. Tout va bien. Shein promet avoir fait son audit, changé ses filtres, nettoyé ses listings. Le tout encadré par une “approche graduelle et responsable”, selon leur communiqué. Détail emmerdant : les produits interdits pourraient revenir en douce, changés de nom, de visuel, d’étiquette, pendant que les acheteurs les plus motivés passeront par un VPN pour accéder à la boutique depuis l’étranger. Oups.

Cerise sur le ghetto, pendant que la DGCCRF s’occupe de faire le ménage, on apprend que 60 Millions de consommateurs, le magazine qui avait levé le lièvre des poupées, est menacé de disparition pour cause de coupe budgétaire. Résumons : Shein revient, les poupées peuvent ressurgir, les prédateurs contournent la loi et ceux qui ont donné l’alerte risquent la fermeture. Bonne année !

Lou Bazart-Gelly, jeune journaliste vous raconte tout en détail dans sa newsletter : Le Ch’ti journaliste

L’analyse de la semaine : les fameux “tontons racistes”

via Rose Lamy

Chaque Noël, il revient comme les papillotes : le tonton raciste. Cette année, il n’a pas manqué à l’appel. Star des repas de famille, figure comique des réseaux, idole inversée des progressistes de salon. On le démonte à coups de répliques bien affûtées entre le foie gras et la bûche, et on se félicite d’avoir “tenu tête au racisme” comme on cocherait une case sur Doctolib.

Mais ce tonton, c’est un leurre. Une parade commode. En faire le visage du racisme contemporain, c’est transformer une question structurelle en sketch familial. C’est croire que le mal se loge dans un individu un peu bourré, pas dans un système qui avantage certains, en pénalise d’autres, et surtout : nous traverse tous.

Car dans le fond, le tonton n’est qu’un paratonnerre. Il concentre toutes les hontes pour qu’on puisse s’en dédouaner. Il est celui qu’on montre du doigt pour éviter de se le pointer à soi. C’est la version domestique du “bouc émissaire” pascalien : celui qu’on sacrifie symboliquement pour sauver le reste du groupe, sans se salir.

Et pendant qu’on rigole de ses vannes de comptoir, on oublie commodément le frère qui trie les CV, la cousine qui “n’a rien contre mais”, et nous-mêmes, qui profitons sans bruit des bonnes places dans le bon quartier. Le tonton nous rassure : grâce à lui, on peut être du bon côté de l’histoire… sans avoir à changer quoi que ce soit.

Le problème, c’est qu’à force de le désigner, on oublie que le racisme n’est pas qu’un dérapage de fin de repas : c’est une mécanique sociale, discrète, efficace, et parfois très polie. Alors pour 2026, on peut peut-être arrêter de faire du tonton un totem. Et commencer, vraiment, à se regarder dans la glace.

Rose Lamy s’est interrogée sur ce sujet universel, a même écrit un livre et c’est à retrouver sur sa newsletter bien chouette.

Et si rester soi-même en toute circonstance était un mauvais conseil ?

Extrait de la newsletter “Punchline” de Felix et Jean

On a tous une image de nous-mêmes. Une forme de cartographie de qui on est, de nos valeurs, de nos forces, de nos faiblesses. Une sorte… permettez-nous la métaphore business… de SWOT identitaire.

Quand on cherche à améliorer sa performance, à progresser, souvent ce SWOT évolue. On développe des forces, on travaille sur nos faiblesses, on se découvre de nouvelles opportunités d’évolution, on anticipe les menaces.

Mais parfois, même ce travail-là se heurte à un mur. C’est une sensation très désagréable. Quand on a l’impression de bien se connaître mais que quelque chose persiste à nous échapper. Quand on sent bien qu’il y a quelque chose à changer… mais qu’on n’arrive pas à le changer. Voire, qu’on n’a pas envie de le changer.

Eh bien vous voyez, c’est un peu comme quand on cherche ses lunettes dans toutes les pièces de la maison avant de réaliser qu’on les a sur le nez. Car, généralement, ce qui vous bloque est là, non pas sur votre nez, mais sous votre nez.

Et c’est là qu’on en revient à nos petites phrases :

“Moi je suis une tanche en administratif”

“Le management, c’est pas mon truc” (dédicace à 99% des CTO de la planète)

“Je suis plutôt dans l’intuition : le process, c’est pas pour moi”

“J’arrive pas à me concentrer plus de 5 minutes de toute façon”

“Je suis trop sensible pour diriger”

“Les chiffres j’ai jamais su”

“J’ai pas fait d’études, j’ai pas les codes”

“Je vise la perfection sinon ça n’a pas de valeur”

Si vous vous intéressez un peu au dev perso, là vous avez sûrement pensé “ah bah ouais, vous parlez des croyances limitantes”, ces convictions qu’on tient pour vraies et qui nous freinent dans notre progression.

Alors il y a une chose qu’il faut qu’on précise, pardonnez-nous notre franchise : ces croyances ne sont pas forcément fausses à un temps T. On n’est personne pour vous dire que non, vous n’êtes pas nul en maths, en administratif, en process, ou en management. Car ce n’est pas le sujet.

Nous, ces petites phrases, on les appelle plutôt des sentences identitaires. Parce que le truc, avec ces perceptions, c’est qu’elles ne sont pas des constats : ce sont des décisions. Sous couvert de nous définir et d’affirmer notre identité… elles la figent. Elles disent “je suis comme ça” mais surtout “je ne changerai pas”. Elles nous rassurent car elles servent de repère : c’est reposant, de savoir qui on est. Mais parce qu’on s’y accroche, elles nous empêchent d’évoluer. Pour en revenir à notre SWOT (...maintenant qu’on a commencé, il faut bien continuer), c’est comme de décréter que notre case “faiblesses” est gravée dans le marbre. Pour toujours. Quelles qu’en soient les conséquences. Quelles que soient les menaces qui surviennent. Quel que soit l’effet sur nous.”


Pour tout comprendre : lisez le reste de l’article sur PUNCHLINE


La recommandation qu’il vous fallait : lire votre horoscope pour savoir à quelle sauce béarnaise vous allez être mangés

C’est pas de l’astrologie, c’est de la lucidité déguisée écrite par Séverine Bavon. Cette année encore, les planètes n’ont pas prévu de vous lâcher la grappe (et puis quoi encore…) : entre formations non certifiantes, objets connectés inutiles et crises existentielles provoquées par la SNCF, il valait mieux prévenir que survivre.

CDLT a donc lu les astres (et les non-dits du quotidien) pour vous pondre un horoscope un peu trop précis, légèrement vachard, mais finalement plus utile qu’une séance de coaching à 140€/h.

👉 Spoiler : les Scorpions vont shiner comme never, les Gémeaux vont encore faire 12 trucs en même temps et les Cancer en ont ras-le-bol de dire “à dispo”.

Conclusion : L’avenir est incertain, mais votre capacité à râler avec panache, elle, ne l’est pas.

PS : et PENSEZ À COMMANDER CE BIJOU SUR LE MERVEILLEUX MONDE DU TRAVAIL AVEC UNE LETTRE DE DÉMISSION DE 250 PAGES. OUI, JE L’ÉCRIS EN CAPS LOCK EN PLUS PARCE QUE LE LIVRE EST VRAIMENT TRÈS TRÈS BIEN.

À hypervite dans HyperTextes.

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Par Kessel -

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