Lâartisanat est-il devenu le hobby des CSP+ en quĂȘte de frisson ?
via Séverine Bavon
Câest la belle histoire du jour : des ex-chefs de projet en burn-out troquent leurs slides et passent un CAP boulangerie, ouvrent une boutique couleur terracotta avec un logo en Bebas Neue, et hop, rĂ©concilient enfin la France avec le travail manuel et son prestige.
Spoiler : câest non.
Ce quâon observe surtout, câest une gentrification artisanale, Ă savoir des diplĂŽmĂ©s chics qui arrivent avec chĂŽmage + rupture co + capital culturel, importent leur DA et leur storytelling du tertiaire, âla quĂȘte de sensâ, âlâanoblissement du vulgaireâ, la âboulangerie expĂ©rientielleâ, on en passe et pas des meilleures. Pendant quâils âcrĂ©ent une pyramide olfactiveâ pour la merguez, les vrais artisans, eux, continuent Ă bosser sans micro ni branding. Cette gentrification artisanale ne revalorise pas les mĂ©tiers manuels, elle les met Ă distance. Les reconvertis sâidentifient entre eux, pas aux ouvriers du coin. Bah oui, on ne va quand mĂȘme pas frĂ©quenter le boulanger Ă lâangle de la rue, en marcel clope au bec.
ArrĂȘtons donc de nous mentir, lâartisanat nâest pas redevenu populaire : il a juste Ă©tĂ© esthĂ©tisĂ©, transformĂ© en miroir moral pour cadres Ă©puisĂ©s.
RĂ©sultat : ça crĂ©e de jolies poches dâentre-soi, pas une revalorisation globale. Et pendant quâon romantise lâatelier-boutique qui fait aussi galerie et kombucha, les gamins orientĂ©s en CAP par dĂ©faut continuent, eux, Ă se prendre le mĂ©pris de plein fouet. La France ne manque donc pas dâartisans⊠elle manque de cesser de croire que lâartisanat nâest digne dâintĂ©rĂȘt que quand il sent le levain bio et le storytelling.
Mais ça, câest SĂ©verine Bavon qui en parle le mieux dans sa derniĂšre Ă©dition de âCDLTâ.
Quel type d'artisan ĂȘtes-vous ?
3 choses sur lesquelles réfléchir si vous souhaitez vous évader fiscalement à savoir cette semaine
1. Les ultra-riches vont-ils devoir aimer la France un poil plus longtemps ?
Le man of ze year est back dans les bacs. LâĂ©conomiste Gabriel Zucman est de nouveau au cĆur des discussions. Pourquoi ? Sa volontĂ© de retenir les ultra-riches par le col du costume avec un âbouclier anti-exit fiscalâ. LâidĂ©e : si tu fais fortune en France, tu ne files pas Ă DubaĂŻ ou GenĂšve sans laisser un petit pourboire. Le dispositif maintiendrait les plus riches dans le champ de lâimpĂŽt pendant 5 Ă 10 ans aprĂšs leur dĂ©part. En parallĂšle, Zucman relance sa fameuse âtaxe Zucmanâ : 2 % annuels sur les patrimoines de plus de 100 millions dâeuros. Les ultra-riches crient Ă la punition, les socialistes trouvent ça trop doux et tout le monde prĂ©tend vouloir âprĂ©server lâattractivitĂ© du paysâ. Rassurez-vous nĂ©anmoins, les jets privĂ©s continuent de dĂ©coller sans problĂšme et la fiscalitĂ© française reste un excellent sujet de dĂźner pour ceux qui nây paient plus leurs impĂŽts.
LâĂ©conomie nâest pas simple, sauf quand câest Laurent de Cosmos qui la dĂ©cortique.
2. Et sinon, on fait quoi des avoirs russes gelés ?
Deux cents milliards dâeuros dâavoirs russes roupillent dans les coffres europĂ©ens, dont la quasi-totalitĂ© en Belgique. Zelensky rĂ©clame quâon arrĂȘte de compter les centimes et quâon tape dans le tas pour financer la dĂ©fense ukrainienne. Mais Bart De Wever, Premier ministre flamand, joue les Ă©pargnants prudents : âSi on pique lâargent de Poutine, il piquera le nĂŽtre.â On se contente donc pour lâinstant des intĂ©rĂȘts, Ă peine trois milliards par an, soit lâĂ©quivalent dâun mois de munitions. RĂ©sultat, Bruxelles fait ce quâelle sait faire de mieux : des rĂ©unions et des phrases au conditionnel. Ursula von der Leyen planche quand mĂȘme sur un âcompromisâ avant la fin de lâannĂ©e, pendant que les milliards, eux, continuent de fructifier sagement. Rassurez-vous, vous nâen verrez jamais la couleur et on ne doute pas un instant quâils seront utilisĂ©s Ă trĂšs bon escient.
3. Le dollar tousse et lâOr bondit
Cinquante ans aprĂšs son divorce avec le dollar, le mĂ©tal jaune refait surface en rockstar financiĂšre : 4000 $ lâonce, record absolu. Depuis que les avoirs russes ont Ă©tĂ© gelĂ©s, les pays Ă©mergents ont compris la leçon : mieux vaut un lingot dans un coffre quâun bon du TrĂ©sor sous sanctions. RĂ©sultat, la Chine, la Turquie ou la Pologne achĂštent de lâor Ă la pelle, pendant que les taux rĂ©els chutent et que les dettes occidentales montent en flĂšche. Lâor, lui, ne fait jamais dĂ©faut, ne dĂ©pend de personne et ne reçoit aucun coup de fil de la Maison-Blanche. ConsĂ©quence : les banques centrales dĂ©tiennent dĂ©sormais plus dâor que de bons du TrĂ©sor amĂ©ricain, une premiĂšre depuis 1996. La dĂ©dollarisation avance, doucement mais sĂ»rement. Rien dâapocalyptique, plutĂŽt un retour Ă lâordre naturel des choses : quand le roi dollar sâenrhume, câest lâor qui reprend le trĂŽne. Pendant ce temps, rassurez-vous, votre Livret A reste Ă 2,4 % et vos cryptos ne valent toujours rien. Parfois, la vraie performance, câest dây croire encore.
Le pavé dans la mare de la semaine : la guerre des ego a remplacé la guerre des idées
On a longtemps cru que le dĂ©bat servait Ă confronter les points de vue. Aujourdâhui, il sert surtout Ă comparer les micros. Les âplateauxâ sont devenus des arĂšnes, les âchroniqueursâ des gladiateurs sous amphĂ©tamines, et le dĂ©saccord, une performance scĂ©nique.
RĂ©sultat, tout le monde sâĂ©coute parler, et le pire câest que tout le monde a lâair de trouver ça normal.
Le numĂ©rique devait libĂ©rer la parole, il a juste dĂ©mocratisĂ© le monologue et agrandi la loge des narcissiques. Chacun parle depuis sa bulle, convaincu que son opinion mĂ©rite un gĂ©nĂ©rique. Les faits ? Optionnels. LâĂ©coute ? Has been. On ne dĂ©bat plus, on sâĂ©panche en 60 images par seconde. Et quand un mĂ©dia a le malheur dâessayer de recrĂ©er un vrai Ă©change, on lâaccuse de mollesse Ă une Ă©poque oĂč crier est devenu une preuve de sincĂ©ritĂ©.
Lâespace public ressemble Ă une conversation de groupe WhatsApp oĂč personne ne lit les messages des autres. Mais tant quâon parle, on existe.
Câest tout lâobjet de cette Ă©tude de François Defossez, pour la newsletter âMediaramaâ.
On respire grùce à elles. Et elles�
On le sait, les forĂȘts sont les poumons verts de notre planĂšte. ReprĂ©sentant un tiers du territoire national, elles abritent prĂšs de 1500 espĂšces vĂ©gĂ©tales et filtrent jusquâĂ 60% des particules fines prĂ©sentes dans lâair, nous permettant ainsi de mieux respirer. Les forĂȘts rĂ©duisent non seulement la pollution mais amĂ©liorent aussi notre santĂ©.
La vraie question est : qui prend soin dâelles ? Bien que 90 % des Français reconnaissent lâimportance de les protĂ©ger, 75 % ignorent comment le faire.
Câest justement la mission que sâest donnĂ©e Garnier, en sâengageant auprĂšs du WWF France afin de soutenir des actions en faveur de la prĂ©servation de 50âŻ000 hectares via notamment le Programme Nature Impact.
Comment pouvez-VOUS agir ? Garnier et WWF France vous donnent trois clés :
Se former aux gestes simples pour prĂ©server les forĂȘts françaises disponibles via des ateliers en physique et une plateforme en ligne bientĂŽt disponible.
Participer à des événements caritatifs comme des marches et courses à pied
Sâengager en tant que bĂ©nĂ©vole prĂšs de chez vous
Elles vous font respirer ⊠et vous, ĂȘtes-vous prĂȘts Ă leur redonner un peu de souffle ?
đ đ đ Mobilisez-vous et retrouvez toutes les actions.đ đ đ
Le mot qui fait lâactu : couronne
Non, pas celle quâon obtient aprĂšs avoir eu la fĂšve. Vous le savez certainement, sauf si vous avez passĂ© la semaine dans un bunker (ce qui nous Ă©tonnerait quand mĂȘme), huit joyaux de la Couronne se sont volatilisĂ©s au Louvre, façon casse feutrĂ© dans la galerie dâApollon.
Plus que le casse en lui-mĂȘme, et alors quâon nâest pas encore sĂ»r sĂ»r de lâidentitĂ© des gredins qui ont fait chialer Chalençon (oh zut alors), câest la rĂ©action du nouveau ministre de lâIntĂ©rieur qui a aussi brillĂ© en dĂ©plorant la âsĂ©curisation dĂ©faillanteâ de nos musĂ©es. Dans le mĂ©tier, on dirait quâil a lancĂ© un joli appel dâair aux apprentis Lupin. Ceci Ă©tant dit, pendant que la France rĂȘve de retrouver ses bijoux de famille, les AmĂ©ricains manifestent pour Ă©viter de coiffer Donald 1er dâune couronne. DĂ©cidĂ©ment, lâĂ©poque aime remettre les rois au goĂ»t du jour, dâune façon ou dâune autre.
"Tellement inspirant" ou l'héroïsation (bienveillante mais un poil toxique) des personnes handicapées.
par Charlotte de Vilmorin
âQuand le handicap devient un spectacle
Prenons un exemple concret, presque caricatural :
Une vidĂ©o virale sur LinkedIn (mon rĂ©seau social prĂ©fĂ©rĂ©, premier degrĂ©) montre un jeune homme sans jambes qui escalade une montagne avec des prothĂšses. Musique Ă©pique, ralentis dramatiques, voix off Ă©mue : « MalgrĂ© son handicap, il a rĂ©alisĂ© lâimpossible ! ».
RĂ©action de Walid : « Waouh, ça me donne envie de me battre dans ma vie ! » â Partage massif sur les rĂ©seaux avec le hashtag #NoExcuses.
RĂ©action rĂ©elle de lâalpiniste en question (si on lui demandait) : « Oui, câĂ©tait dur. Je lâai fait pour moi, et pas pour toi. Et merci en vrai jâaimerais bien quâon parle aussi des 10 marches sans rampe qui mâont empĂȘchĂ© dâaller au cinĂ©ma hier. »
Pourquoi cette scÚne est problématique ? 3 raisons.
đ Le cadre narratif : La vidĂ©o est montĂ©e pour susciter lâĂ©motion, pas pour informer. On voit lâexploit, pas les obstacles quotidiens.
đ Le public cible : Le message nâest pas destinĂ© aux personnes handicapĂ©es, mais aux valides (« Si lui il y arrive⊠»). Et dâailleurs câest trĂšs probablement une personne valide qui a montĂ© cette vidĂ©o en orientant le message. Donc câest un regard de valide, sur un handi, pour les valides.
đ Lâeffacement du politique : Le handicap est prĂ©sentĂ© comme un dĂ©fi individuel, pas comme le rĂ©sultat dâune sociĂ©tĂ© mal conçue. Et ça câest le piĂšge absolu ! De mon point de vue, le plus important.
Personnellement, ça mâarrive assez souvent. Non pas que jâescalade des montagnes, mais dans mon rapport Ă mon travail. RĂ©guliĂšrement, en tant quâentrepreneure, je prends la parole pour parler de mon entreprise. Et rĂ©guliĂšrement, quelquâun finit par me dire avec les yeux brillants : « Vous ĂȘtes une source dâinspiration pour nous tous. » Mais je nâĂ©tais pas lĂ pour ça. JâĂ©tais lĂ pour parler de mobilitĂ©, dâindustrie, de business plan, de droits. Pas pour ĂȘtre une muse de la rĂ©silience.
Entendons-nous bien parce que je ne veux pas passer pour lâingrate de service non plus (les handis ont dĂ©jĂ suffisamment la rĂ©putation dâĂȘtre des gros rĂąleurs quand ils ne sont pas des hĂ©ros).
Je sais que cette rĂ©action est bienveillante. Je nâen veux pas Ă la personne. Pour ĂȘtre honnĂȘte, quelque part, ça me fait plaisir, ça flatte mon Ă©go parce quâĂ©videmment jâaime bien ĂȘtre admirĂ©e, comme tout le monde. Mais ce que je dis, câest que cette rĂ©action, toute bienveillante quâelle est, sâavĂšre nĂ©anmoins problĂ©matique, parce quâelle repose sur un biais. Et je propose juste quâon questionne la mĂ©canique du bousin.
Instant gamberge : le couple online est-il devenu un film dâhorreur ?
Plus effrayant quâun fantĂŽme Ă Halloween ? Afficher son mec sur Instagram. Oui, en 2025, il semblerait que lâhĂ©tĂ©rosexualitĂ© soit devenue la nouvelle lĂ©gende urbaine. Dans la derniĂšre Ă©dition de sa newsletter âJe peux lâessayer en L?â, Coumbis Hope Lowie part dâun article du British Vogue aussi drĂŽle que dĂ©primant : aimer un homme publiquement serait devenu embarrassant. Et quand on voit lâĂ©tat du marchĂ©, difficile de lui donner tort. Les femmes ne veulent plus risquer lâhumiliation publique Ă cause dâun partenaire qui tweete comme un troll ou like des vidĂ©os de âcoachs en virilitĂ©â.
Ce quâil y a de fascinant dans cette gĂ©nĂ©ration, câest quâelle ne fuit pas lâamour, elle fuit la honte. Lâamour nâest plus un trophĂ©e, câest une prise de risque en communication de crise. Alors, pendant que les hommes cherchent des meufs ânaturelles mais apprĂȘtĂ©esâ, les femmes apprennent Ă sâaimer sans tĂ©moin, Ă savourer le cĂ©libat comme un privilĂšge, et Ă flouter les visages masculins sur les photos. Parce quâen 2025, le vrai courage nâest plus de poster son couple, mais de ne pas en avoir honte.
Et puis⊠en BIG 2025, le mĂ©tissage continue dâĂ©tonner les esprits plus vite que les algorithmes. Comme quoi, on peut envoyer des drones un peu partout mais pas encore concevoir quâun bĂ©bĂ© mĂ©tis puisse avoir la peau claire. Bref, aimer, câest toujours politique, surtout quand ton amour ne rentre pas dans les cases, ni dans la timeline.
La recommandation quâil vous fallait : parler dâoiseau pour tester lâamour
Ce week-end, tentez lâexpĂ©rience : dites Ă votre moitiĂ© « Jâai vu un oiseau ». Rien de plus. Attendez sa rĂ©action. Sâil vous demande la couleur des plumes ou lâespĂšce du volatile, tout va bien, vous vivez un amour attentif. Sâil ne bronche pas, dĂ©solĂ©, mais votre couple bat peut-ĂȘtre de lâaile. Câest le principe de la « bird theory », concept TikTok ressuscitĂ© des travaux trĂšs sĂ©rieux des Ă©poux Gottman, psychologues amĂ©ricains obsĂ©dĂ©s par les « bids for connection », ces micro-gestes dâattention qui prĂ©disent la soliditĂ© dâun couple.
MoralitĂ© : lâamour, ce nâest pas un grand geste, câest une question dâoiseau. Et si votre partenaire sâen fout, pas grave : le ciel est vaste, il y en aura dâautres.
Et sinon, beaucoup de conseils tech pour tester votre amour cette semaine sur Tech Trash.
Ă hyper vite dans HyperTextes.
