Je pige, tu piges, on pige... plus rien !

Cette semaine, on vous propose un Hypertexte hyper exceptionnel. C’est qu’on ne pouvait pas s’empêcher de prendre la plume face à l’actualité de la presse ces jours-ci.

🔗 HyperTextes
3 min ⋅ 08/12/2023

Hypertextes vous est envoyé suite à votre abonnement à une newsletter publiée sur Kessel, la plateforme française de newsletters qui met en relation des gens qui ont des choses intéressantes à dire avec des gens qui ont envie de les lire. Nous souhaitons vous y faire découvrir une sélection d’autres textes hyper bien. Vous avez des questions, des suggestions ? Répondez à cette newsletter ! Nous serons heureux de vous lire. Vous souhaitez vous désabonner ? Le lien est tout en bas. Bonne lecture !

Globalement, le constat n’est pas si nouveau : la presse va mal. Pour plusieurs raisons, à commencer par la hausse du coût du papier, accompagnée de la baisse des revenus de la publicité (principal moyen de financement de la presse). Et, comme un malheur n’arrive jamais seul, après une digitalisation faite parfois dans la douleur, les journaux et médias modernisés, présents sur les réseaux sociaux, se retrouvent finalement à la merci des algorithmes… 

Comme souvent avec les crises, ce sont encore ceux qui la vivent qui en parlent le mieux. On leur passe donc volontiers la plume pour mettre en lumière leurs réflexions, angoisses et lassitude. 

Les journalistes ne sont pas (encore) morts de faim.

Catherine Schwaab, ancienne rédactrice en chef chez Paris Match, fait le lien limpide entre l’effondrement du tarif des piges et la désertion des journalistes de profession dans son dernier article, Journaliste, un sport de riche ?

Quand il y a un phénomène aussi massif que celui de l’effondrement de la presse, il y a fort à parier qu’il y a de l’argent en jeu… Et en l’occurrence, plus assez d’argent pour les journalistes ! À 53€ la pige en moyenne, on peut comprendre que le job ne fasse plus rêver.  Et quel dommage quand paradoxalement on a plus que jamais besoin crucial de vrais, bons journalistes pour comprendre le monde actuel, qui portent leurs idées et convictions, quitte à se faire “mal voir”... 

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Les jeunes non plus ne veulent plus être journalistes… 

Passionné de journalisme depuis ses 10 ans, Hugo Coignard fait ses études à Science Po, se rêvant déjà grand reporter… Et pourtant, il bifurque aussitôt son master en poche, désenchanté de la première heure. Bel et bien prêt à s’engager, il œuvre désormais pour une presse indépendante, vectrice d’une information de qualité. Dans sa newsletter Les bifurqueurs de l’info, il part à la rencontre de celles et ceux qui, comme lui, nourrissent l’espoir de redonner au métier son sens et ses lettres de noblesse. 

>> Lire  Sois jeune journaliste et lève-toi, une enquête aux allures de manifeste pour la bifurcation de l’info.

La crise est bien plus globale qu’elle n’y paraît.

Nombre de blogueurs, blogueuses et créateurs de contenu déchantent également. D’abord fascinés par l’avènement d’internet et l’idée de pouvoir partager leur passion librement… Ils se trouvent entravés par de nouveaux diktats : ceux des algo friands de hashtags insensés, ceux du SEO les forçant à cracher des mots-clés par milliers. 

Dans son article L’algo m’a tuée, Olivia Mahieu se livre sur ce bout de course dans lequel elle se trouve. Après 10 ans dans la communication digitale, elle confesse ne plus croire à la promesse des plateformes, et partage sa tristesse : 

Elle [Géraldine Dormoy] a réussi là où j’ai échoué. Elle a conservé une curiosité pour les réseaux sociaux et Instagram notamment, un goût constant pour la construction de sa communauté sans subir les exigences des algorithmes avec toujours beaucoup de recul, de pertinence et de fraîcheur. Ces derniers mois, j'ai perdu tout ça.

>> Suivre la super newsletter d’Olivia Mahieu, la vie pas sage.

Tout n’est pas perdu !

On n’ira pas jusqu’à dire que Kessel est la plateforme de la situation… Même si on en brûle d’envie 🤫

Regardons plutôt les faits objectivement, à la façon d’un journaliste d’investigation (mais alors un pro ou un indépendant ?) :

  • 21% des Américains lisent une newsletter d’information une fois par semaine ou plus

  • 15% des Français lisent une newsletter d’information une fois par semaine ou plus

  • Parmi ces lecteurs, près de la moitié utilisent la newsletter comme principale source d’information, d’après l’Institut Reuters d’étude du journalisme.

Le concept de la newsletter répond en fait à plusieurs problématiques abordées ici : 

  • Pas d’algorithme : si vous envoyez un mail à Micheline, elle le recevra bien dans sa boîte mail (si elle n’a pas oublié son mot de passe)

  • Pas de contraintes éditoriales : oubliez le référencement, ici les seuls mots qui comptent sont ceux que vous avez envie d’écrire.

  • Pas de dépendance financière : autrement dit, vous pouvez prétendre à plus de 53€ la news. Sans coûts de production irréductibles par ailleurs (pas de papier, pas de papier), vous fixez vos tarifs librement.


Alors journalistes et créateurs, hommes et femmes, jeunes et vieux, professionnels et amateurs, scientifiques et militants, continuez à écrire… Parce que l’information est essentielle, parce qu’il y aura d’autres crises, pour qu’elles ne soient pas fortuites.

Nous on signe, et vous ?

À hyper bientôt pour une édition hyper normale d’Hypertextes.


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